lundi 9 décembre 2013

De grâce au Ministère, rendez public les travaux élaborés jusque-là en coulisse.

Depuis le début du processus qui conduira peut-être à la mise au monde d’un cours d’histoire ou de sciences humaines sur le Québec à la formation générale, j’ai l’impression que tout se fait en coulisse. On dirait que le spectacle n’est pas commencé! On ne nous dit rien! Il y a bien Le Devoir qui suivent l’affaire mais il y a peu à dire. Sur les sites internet reliés aux cégeps, silence radio. Il n’y a pas de développement.

Pour rassurer tout le monde, voilà ce que l’on sait :

• On sait que le Ministre veut un cours d’histoire du Québec à la formation générale.
• On sait qu’il veut que ça se fasse à coût zéro.
• On sait que ce cours remplacera un cours complémentaire.
• On sait qu’un groupe de travail a été formé pour élaborer un «objectif et standard» du cours.
• On sait que le groupe s’est rencontré à deux reprises.
• On sait qu’il est prévu que le groupe de travail se revoit en avril 2014.
• On sait que le Comité-conseil de la formation générale a reçu «l’œuvre» du groupe de travail.
• On sait que la FNEEQ a bien accueilli la démarche d’introduire un cours obligatoire d’histoire contemporaine du Québec dans la formation générale.
• On sait que la FNEEQ a demandé aux syndicats membres de faire une évaluation locale des incidences éventuelles sur la tache suite à l’implantation d’un tel cours.
• On sait à peu près quelle sera la suite des choses :
o consultations des cégeps
o consultation des Comités-conseil de sciences humaines, Histoire et civilisation, Sciences Lettres et Arts
• On sait qu’il y aura une annonce au début de 2014 dans la Gazette officielle du Règlement modifiant le Règlement sur le régime des études collégiales (RREC), notamment les articles 7 et/ou 9 du RREC.
• Suite à cette annonce, on sait qu’il y aura des avis provenant de plusieurs acteurs du milieu collégial qui seront déposés.
• On sait qu’on prévoit la mise en place du cours pour la rentrée collégiale de 2014-2015.

Mais est-ce suffisamment rassurant de savoir cela? NON. Certainement pas!
• On ne sait pas qui a été sélectionné pour faire partie du groupe de travail.
• On ne sait pas comment ils ont été sélectionnés.
• On ne sait pas encore le libellé de l’objectif et standard bien que les travaux soient complétés. Embargo?
• On ne sait même pas si ce sera un cours d’histoire ou un cours multi qui pourrait être donné par des professeurs de différentes disciplines. Lesquelles?
• On ne sait pas si la consultation des cégeps sera officielle ou officieuse. Y aura-il un questionnaire pour encadrer les discussions? Y aura-t-il seulement discussions? Dans quel forum? La commission des Études? Les départements des sciences humaines y seront-ils conviés? No sé.
• On ne connaît pas l’opinion des Directions des études. Hypothèse : elles opteront pour un cours multi, plus simple à gérer dans une perspective de flexibilité du travail. Réflexe de gestionnaires !
• On ne connait pas l’impact de l’implantation d’un tel cours sur l’emploi.

Les étapes de la démarche de la création du cours semblent donc bien tracées. Et les forums où on pourra se faire entendre seront suffisants. S’il vous plaît au Ministère, mettez fin immédiatement à l’embargo sur «l’objectif et standard» du cours qu’on puisse en discuter. Il est temps que les acteurs entrent en scène et que la pièce se joue.

L’étape de la consultation des cégeps sera un moment fort où les acteurs locaux auront l’occasion de se faire entendre. Surveillez bien ce moment. On sait très bien maintenant que le réseau collégial est décentralisé. Cela aura fort probablement pour effet d’amener beaucoup de diversité dans les formes de consultation. Les professeurs des disciplines des sciences humaines devront trouver un moyen de se présenter sur scène. Il ne faudra surtout pas se contenter du rôle de gérant d’estrade.

Surtout, nous espérons que vous utiliserez ce blogue pour faire valoir votre point de vue - que vous nous rapporterez comment la consultation s’est passée chez vous. D’ici là, de grâce au Ministère, rendez public les travaux élaborés jusque-là en coulisse.

Michel Huot, secrétaire, RSHCQ



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