mardi 8 novembre 2011

«Laurentie» ou le mal identitaire latent

«Laurentie» ou le mal identitaire inquiétant

OUF! La bande annonce choc du film Laurentie, sorti en salle le 28 octobre, touche à un sujet tabou : la dynamique de l'identité québécoise. C'est de la dynamite! 


L'identité québécoise s'est toujours construite par rapport à cet Autre, «l'Anglais». Dans Génèse de la société québécoise, Fernand Dumont l’explique très bien.

Le film touche à des sentiments humains qui, espérons-le, ne sont pas collectifs! L'envie, la jalousie, l'estime de soi négatif. Lorsqu'on pense qu'«Eux-autres», ils sont meilleurs que «Nous-autres», on finit par s’abaisser. Et on finit par cesser de  s’aimer. Et, dans un cas pareil, il peut arriver trois choses : se complaire dans l’indifférence, s’autodétruire ou trouver un bouc émissaire et l’attaquer. Dans le film, ça conduit les personnages vers le repli identitaire, l'insignifiance et une forme d'autodestruction.

Le Québec serait-il rendu là? Après deux référendums perdus, à courts de projets collectifs rassembleurs, de plus en plus minoritaire au sein du Canada, divisé et replié dans le privé, gangréné par la corruption et la collusion, le Québec vit des années très sombres – comme l’Occident en général d’ailleurs. À sa manière, le Québec vit comme une fin de régime. Il faut le réinventer. Mais comment? Actuellement, ça cogite. C'est l’heure des réflexions… Les sciences humaines doivent contribuer à cette cogitation.

Je n’ai pas vu le film; je ne puis donc pas juger de sa qualité cinématographique. Cependant, par sa thématique, à côté de la problématique identitaire, ce film aborde aussi le thème des rapports conflictuels potentiellement explosifs entre les communautés linguistiques – spécifiquement à Montréal. Basée sur un certain équilibre, la paix linguistique actuelle serait-elle sur le point d’être rompue? Alimentés au ressentiment (c'est l'analyse du film), comment les Québécois francophones réagiront-ils dans les prochaines années?

Chose certaine, de façon latente dans la société montréalaise notamment, le malaise linguistique sera toujours un phénomène avec lequel il faudra composer. C’est du carburant qui peut mener à des actions explosives. Politiquement, il faut nécessairement composer avec ce carburant volatile. On le canalise et on en fait quelque chose de positif. Ou, on le contient. Mais il ne faut surtout pas balayer le problème sous le tapis. Ça risque de nous sauter dans la face! Les politiciens actuels ont peut-être choisi de se mettre la tête dans le sable - ou sous le tapis.

Michel Huot, sociologie, Beauce-Appalaches

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