jeudi 3 novembre 2011

Le monde en stats ou les stats du monde

Pour ceux qui n'ont pas encore vu le worldometers! Ça fait réfléchir! Tous ces algorythmes qui défilent à des vitesses variables.


Cliquez pour consulter

Avec ces stats, on constate jusqu'à quel point le modèle de développement actuel est difficilement soutenable : la production de télévisions, téléphones cellulaires, voitures, l'exploitation pétrolière et gazière, tout cela ne pourra pas durer! Mais avec les dépenses militaitres, on le soutient! Et durant ce temps-là, les émissions de gaz carboniques explosent!

 Les dépenses pour la vente illégale de drogue m'impressionnent! C'est immoralement très payant! 



mercredi 2 novembre 2011

Au Royaume uni, on cherche aussi à valoriser les sciences humaines!

Il y a un mois, j'ai publié un billet à propos de la Commission sur les Humanités et les Sciences Sociales mise sur pied par l'Académie américaine des Arts et des Sciences en févier 2011. Aux États-Unis, ils sont préoccupés par l'avenir des sciences humaines.

M. Denis Côté, du Cégep Champlain-St.Lawrence, m'a fait parvenir une référence d'un site web britannique extrêmement intéressant dont la préoccupation principale est de promouvoir les sciences sociales britanniques. Le site est géré par l'Académie des Sciences Sociales du Royaume Uni.

À consulter:


Lorsque vous consulterez le site (en anglais), vous serez probablement surpris par les préoccupations des artisans des sciences sociales britanniques! Ce sont les mêmes que nous! Cliquez notamment sur l'onglet ABOUT CfSS. On y explique comment on articule la campagne de levée de fonds! Ils sont bien organisés les Brits! J'aime assez le concept de Roadshows... On fait campagne partout sur le territoire britannique avec des thématiques spécifiques et des acteurs des sciences sociales. Le Roadshows s'est arrêté au Gresham College (Londres) le 13 octobre où des spécialistes des sciences sociales ont discuté des émeutes de l'été 2011à Tottemham! 
  

Michel Huot, sociologie

dimanche 30 octobre 2011

C'est lundi; on jase

Cette semaine, j'ai reçu un intéressant courriel du collège Édouard-Montpetit concernant le processus d'évaluation des programmes dans les collèges. Depuis 1993, le Règlement sur le régime des études collégiales (RREC) exige que chaque collège se dote d’une politique institutionnelle d’évaluation des programmes d’études (PIEP) et qu’il en assure l’application en s'autoévaluant.

Chaque collège s'est donc doté d'une PIEP en tenant compte du cadre de référence soumis par la Commission de l'évaluation de l'enseignement collégial, fondée aussi en 1993. D'ailleurs, la CÉEC évalue et le contenu de la politique des collèges et l'application de cette même politique. La CÉEC a donc ici un statut d'autorité qui veille à ce que le travail d'évaluation dans les collèges soit de qualité.

Voilà pour l'encadrement et les structures.

Le programme des sciences humaines avait fait l'objet d'une première évaluation en 1995-96 par la CÉEC. Cela fait 15 ans. Depuis, les collèges effectuent leur propre auto-évaluation.

Sur le terrain maintenant, comment celà s'opérationnalise-t-il? Qui fait quoi? Lorsque le temps de l'évaluation du programme de sciences humaines arrive, qu'est-ce que ça implique? Est-ce uniquement les coordonnateurs qui sont mobilisés avec quelques réunions ici et là avec les profs? Ou est-ce que cet exercice mobilise réellement l'ensemble du corps professoral?

Comment procédez-vous chez vous? Comment se construit le devis d'évaluation dans votre collège? Bâtissez-vous des questionnaires à administrer aux étudiants? aux profs? Quels outils d'évaluation utilisez-vous? Bien que le processus d'évaluation soit, disons, supervisé par la Direction des Études et ultimement par la CÉEC, sur le terrain, sentez-vous que cette année-là, on se mobilise réellement pour évaluer le programme? 

Et les suites de l'évaluation, lorsqu'il y a des recommendations, comment les met-on en oeuvre? Je suis à peu près certain que cela ne se fait pas toujours dans la joie et qu'il y a des frictions de temps en temps. Nous sommes très curieux! Ne serait-il pas possible de partager nos propres expériences? On aimerait avoir vos commentaires...



7 000 000 000 d'humains !

Wow! Chiffre qui fait réfléchir! Selon l'ONU, le 31 octobre, nous serons statistiquement 7 milliards d'humains sur notre bonne vieille terre, notre vaisseau spatial. Qu'allons-nous faire ensemble? Quel est le projet pour les 20 prochaines années?

Quelques idées ici:



L'air du temps : l'immobilisme social

Le Québec arrive à un carrefour. Il ralentit mais ne sait pas dans quelle direction aller. Tournera-t-il à droite, à gauche?  Il ne se branche pas, tergiverse, placote, discute, jase, en parle... Il se cherche, ne se trouve pas, tourne en rond et n'agit pas. Pas de projet rassembleur mobilisateur, pas de goût d'entreprendre de virage. Ou pas le temps? Le temps nous fait courir à en perdre le souffle : garderie, déplacements, travail, argent, argent, argent. Et les plus jeunes, eux, ils sont sur Facebook, atomisés dans leur univers narcissique.

Une chance qu'il y a le Canadien - ou un quelconque produit culturel jetable après usage (Occupation double, et cie) ;). Cynique, le citoyen choisit de demeurer dans le privé, discutant entre amis de collusion, de corruption et autres malaises de la civilisation.

C'est l'air du temps! Plusieurs productions sont parus récemment pour tenter de mettre le doigt sur le bobo et de tracer des «pistes de direction». Pour réfléchir et/ou rafraîchir votre discours, surtout pour tenter de sensibiliser vos étudiants, voici deux productions à voir ou à lire:

À voir bientôt sur un écran, un documentaire :  République : un abécédaire populaire
À lire en attendant, un essai : De quoi le Québec a-t-il besoin?

Bon week-end.

jeudi 27 octobre 2011

Concours Salvador Allende

Entre 1970 et 1973, Salvador Allende a été le président du Chili.  Pendant ses trois années au pouvoir, son gouvernement a pris diverses mesures visant à démocratiser la société chilienne, diminuant les inégalités, redistribuant la richesse, stimulant la participation des travailleurs dans leurs lieux de travail, nationalisant une partie très importante des richesses naturelles du pays et rendant l’éducation supérieure de plus en plus accessible.  Le but du président Allende était de former une société socialiste en suivant la voie démocratique, une expérience unique dans l’histoire mondiale; cependant, cette expérience devait tourner court à cause du coup d’état qu’avaient orchestré les militaires et les civils qui s’opposaient à son projet au Chili, et qui avait été directement appuyé par les États-Unis.

Malgré les années écoulées et les changements qui ont eu lieu dans le monde depuis 1973, ceux et celles qui ont connu de près ou qui ont vécu la période d’Allende pensent que les objectifs et les réalisations de son gouvernement jouissent encore d’une grande signification aujourd’hui.  Ils croient que dans un monde fortement marqué par les inégalités et par les ratés du système capitaliste, son projet mérite d’être connu par les nouvelles générations.

C’est ainsi que la Fondation Salvador-Allende-Montréal fut créée à Montréal en 2008.  Il s’agit d’un organisme sans but lucratif consacré à maintenir la mémoire de l’ancien président du Chili et à promouvoir le sens et la portée de sa conception d’un projet de société plus juste.  Elle a été mise sur pied pour aider à récolter les fonds permettant de financer en partie le monument qui a été érigé au Parc Jean-Drapeau de l’île Notre-Dame et inauguré en septembre 2009.  Depuis ce temps, elle organise diverses activités qui correspondent à son mandat.  André Jacob, ancien professeur de travail social à l’UQAM, en est le président.
Cette année, à l’occasion d’une nouvelle commémoration du coup d’état de 1973 au cours duquel Salvador Allende perdit la vie, il y a de cela 38 ans, la Fondation lance une nouvelle initiative, un concours dont voici le sujet :

« Le projet du gouvernement de Salvador Allende au Chili et son actualité aujourd’hui »
Le concours s’adresse à tous les étudiants et étudiantes inscrits dans les Cégeps et les universités du Québec et d’ailleurs au Canada.  Les participants doivent rédiger un essai (de 10 à 15 pages pour les étudiants du niveau collégial, de 15 à 20 pages pour ceux de niveau universitaire, double interligne, Times New Roman 12) portant sur un ou sur plusieurs aspects du sujet proposé.  Un document incluant la définition détaillée du sujet, des pistes d’étude et une bibliographie est disponible sur demande.
Les participants ont jusqu’au 31 mai 2012 pour faire parvenir leur texte aux organisateurs du concours.  Les résultats seront rendus publics en septembre 2012.  Il y aura un premier prix dans chacune des deux catégories (collégial et universitaire); il s’agira d’un billet d’avion pour le Chili afin de permettre aux récipiendaires d’approfondir leur connaissance de la réalité de ce pays.  Il y aura aussi des prix pour les travaux se classant en deuxième et troisième place.  Il est possible que les meilleurs travaux soient publiés.

Pour plus d’information, pour se procurer le document et pour envoyer les travaux de niveau universitaire, s’adresser à José del Pozo, professeur, dép. d’histoire, UQAM, del_pozo.jose@uqam.ca ou josedelpozo@hotmail.com . 

Les participants au niveau collégial peuvent s’informer et envoyer leurs travaux à :

Juan Carlos Aguirre, professeur de sociologie, Collège du Vieux-Montréal,  jaguirre@cvm.qc.ca
Caroline Dawson, professeure, Collège Edouard-Montpetit, caroline.dawson@college-em.qc.ca
Manuel Sepúlveda, professeur, Collège Edouard-Montpetit, manuel.sepulveda@college-em.qc.ca

La Fondation Allende remercie le département de sociologie du collège du Vieux-Montréal, le département de sociologie et d’anthropologie collège Edouard-Montpetit et l’Association des professeurs d’histoire des cégeps du Québec pour leur collaboration à la divulgation de ce concours.


Juan Carlos Aguirre, professeur de sociologie, Collège du Vieux-Montréal, jaguirre@cvm.qc.ca 


Le rapport Duchesneau

Pour ceux qui ne l'ont pas encore lu!

Il y a dans ce texte d'excellents exemples pour illustrer des concepts comme la culture, la déviance, le pouvoir, la démocratie si fragile, l'État et ses besoins financiers, etc...

À lire - mais demeurez zen! 

mardi 25 octobre 2011

Les corrections!!!

Très souvent à la session d’automne, j'ai autour de 170 étudiants répartis dans cinq groupes dont un situé dans une autre ville. Ce sont des étudiants de première session, fraichement débarqués du secondaire. Comme enseignant, je crois profondément qu’il faut les faire écrire. L’écriture est LA compétence transversale des sciences humaines. Je demeure convaincu que l’étudiant doit réaliser toutes sortes de production écrite : dissertations, résumés, analyses de texte, comptes rendu d’activité, etc.  Généralement, je leur fais faire un travail de session et trois examens à développement de sorte qu’un étudiant produira vingt pages dans mon cours. Mais lorsque je multiplie par 170, cela me fait 3400 pages de correction dans la session. J’ai moins le goût! En fait, je n’ai pas pantoute le goût. Je regarde la pile de corrections qui gît sur mon bureau et j’ai un coup de barre.
Cet été, j’ai réfléchi longuement à la pertinence des corrections que je me tape à chaque automne. Comme il s’agit d’un cours d’initiation relié à la compétence 22N (discerner l’apport de connaissances disciplinaires à la compréhension du phénomène humain.), j’ai réalisé que les examens avec des questions à développement n’étaient pas appropriés. Et Dieu sait que c’est long à corriger! J’ai donc réintroduit dans mes examens des questions à court développement, des «vrai ou faux» (correction négative), des choix multiples. Avec ces méthodes d’évaluation, j’atteins beaucoup mieux mes objectifs. J’évalue l’acquisition des connaissances plus efficacement de cette façon.
Mais, à mes yeux, comme ils doivent écrire plus que 30 lignes par examen, je leur fais faire deux petits résumés courts (750 mots, environ 2 pages) avec deux citations annotées de classiques de sociologie (Durkheim, Le Bon, Weber). Et je suis intraitable sur la qualité du Français! INTRAITABLE! Dans ma grille d’évaluation, je mets des points sur la structure du texte, la construction des paragraphes et des citations. De plus, j’ai droit d’enlever 10% de la note finale pour la qualité du Français. Alors, les étudiants me remettent des copies «plus sérieuses».
Je corrige maintenant environ 10 pages par étudiant. Je m’esquinte moins longtemps sur les copies d’examen et les textes qu’ils me remettent sont de meilleures qualités. Je conclus en pensant que je suis plus efficace en procédant de la sorte. Morale de cette histoire: il faut adapter ses évaluations en fonction des compétences des cours que l'on donne. 

dimanche 23 octobre 2011

C'est lundi; on jase...

Reconnaîtrons-nous un  jour que le programme de sciences humaines regroupe une faune étudiante éclectique qui amène une complexité supplémentaire à la tâche d'enseignement ? Les sciences humaines au cégep sont un carrefour où se côtoient des étudiants motivés, orientés, des étudiants tout mêlés, déboussolés, des étudiants forts dotés d'une culture générale riche, des étudiants très faibles n'ayant pas encore leur DES, des étudiants porteurs d'une culture populaire qui les distancie beaucoup de la culture savante qu'on tente de leur enseigner.  Dans nos classes, se cotoient encore les joueurs de football, les pressés d'aller travailler à 16h00, les garçons à casquette, les filles habillées comme dans les bars, les angoissés, les bof!, les «drop in», les «suiveux».

Il y a des jours où je me demande à qui je m'adresse. La courbe normale ne s'applique jamais! J'ai toujours des courbes à deux bosses, une bosse étant toujours plus grosse que l'autre. Et, ce n'est pas toujours la même bosse!  

Faudra-t-il reconnaître un jour que le programme des sciences humaines au collégial, c'est un lieu de passage très important (30% et 35% des cégépiens sont inscrits en sciences humaines!) qui a sa propre dynamique. Au-delà de sa finalité (rendre l'étudiant ou l'étudiante apte à poursuivre des études universitaires dans les grands domaines des sciences humaines, du droit, des sciences de l’éducation et des sciences de l’administration, par une formation scientifique basée sur l’acquisition et l’intégration de connaissances et de méthodes de diverses disciplines des sciences humaines), le programme des sciences humaines accueille une très grande proportion de jeunes adultes qui se cherchent et qui, finalement, finiront par s'engager. Pour cela, ce n'est pas un programme comme les autres. Et je me dis tout le temps: Vaut mieux qu'ils soient assis ici dans ma classe que dans la rue! 

jeudi 20 octobre 2011

Attention aux médias sociaux!!!

Tout ce que vous écrivez en ligne sur les médias sociaux, toute séquence vidéo ou photo, tout ce qui concerne votre vie privée n'est plus privé dans le cyberespace! C'est du domaine public! Des enseignants ont payé le gros prix pour l'apprendre en étant remercié! Quelques cas ont déjà fait la manchette.

Suite à trois jugements importants pour  les enseignants rendus par la Cour suprême du Canada en 1996 et 1997, toute une jurisprudence s'est développée autour de la notion du statut d'enseignant comme «modèle de comportement». Regardons un peu ce que dit l'un des deux jugements:

La raison pour laquelle le comportement en dehors des heures de travail peut équivaloir à de l'inconduite est le fait que l'enseignant occupe une position de confiance et de responsabilité. Si celui-ci agit de manière déplacée, au travail ou après le travail, il peut en résulter une perte de confiance du public à son égard et à l'égard du système scolaire public, une perte de respect de la part des élèves envers lui et envers les autres enseignants en général, en plus de susciter à l'intérieur de l'école et de la collectivité une controverse qui perturbe le fonctionnement du système d'éducation.
C'est en raison de cette position de confiance et d'influence que nous exigeons de l'enseignant qu'il se conforme à des normes élevées au travail comme à l'extérieur du travail, et c'est l'érosion de ces normes qui est susceptible d'entraîner, dans la collectivité, une perte de confiance dans le système scolaire public.

Nous exigeons donc de l'enseignant qu'il se conforme à des normes élevées au travail comme à l'extérieur du travail. C'est fort! L'enseignant supporte ici de lourdes responsabilités. Figure d'autorité à qui la société confie un rôle important, l'enseignant doit prêcher par l’exemple. C'est la norme établie par la Cour suprême!

Dans ce contexte, aller mettre sur votre mur facebook des photos de votre voyage en République Dominicaine où vous êtes posé sur la plage en costume d'Adam avec un Piña Colada dans les mains en compagnie d'une charmante Dominicaine, c'est s'exposer très sérieusement.

Dans ce contexte, être «ami facebook» avec ses étudiants et entretenir des conversations scabreuses en ligne, c'est s'exposer très sérieusement.

Dans ce contexte, tenir un blogue où on fait l'apologie d'une idéologie raciste, c'est s'exposer très sérieusement.

Dans ce contexte, aller sur twitter et «blaster» son employeur, c'est s'exposer très sérieusement.

 Faites très attention aux traces que vous laissez sur les médias sociaux. Ce n'est pas une conversation de cuisine! C'est public! Et ça pourrait être retenu contre vous - surtout que vous êtes enseignant - donc considéré comme des «modèles de comportement». Comme modèle, vous avez des devoirs importants, notamment celui de véhiculer, tant par le geste, la parole que par l'attitude, les valeurs de la société.