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mercredi 13 février 2013

Le questionnaire du Parti conservateur du Canada; un bel exemple de ce qu'il ne faut pas faire.

Pour les professeurs qui enseignent l’Initiation pratique à la méthodologie des sciences humaines (IPMSH), je vous invite à consulter le questionnaire en ligne sur le site du Parti conservateur du Canada (http://www.conservateur.ca/?page_id=2653&lang=fr ). De toute beauté ! Tout ce que ne doit pas faire un étudiant qui bâtit un formulaire de questions, ils l’ont fait!!! Questions biaisées, orientées, imprécises, choix de réponses non exhaustif, jugements de valeur, etc…

Pour vous convaincre d’aller consulter ce questionnaire, je vous mets ici l’eau à la bouche :
  1. Est-ce que vous soutenez notre décision d’abolir le registre des armes d'épaule, inefficace et coûteux ?
  2. Est-ce que vous soutenez notre ordre du jour de lutte contre le crime ?
  3. Est-ce que vous soutenez notre plan permettant le partage du revenu des familles afin de permettre à celles-ci de payer moins d’impôt ?
  4. Est-ce que vous soutenez la taxe sur le carbone tueuse d’emplois de 21 milliards de dollars de Thomas Mulcair ?
  5. Est-ce que vous êtes d’accord avec notre politique étrangère réfléchie consistant à soutenir Israël ?
Oui, évidemment, ce questionnaire du PC n’est qu’un instrument de pointage; il sert à identifier les partisans potentiels et leur comté. D’ailleurs, il n’est pas anonyme… Les permanents du parti se serviront de ce questionnaire pour accroître la liste d’envoi de courriels. On connaît la poutine des partis.

Ce questionnaire n’est pas un instrument scientifique. Mais il en a l’apparence! Et c’est là que ça devient tendancieux. D’ailleurs, je vous invite à consulter la réflexion de Pierre Côté parue récemment au Huffington Québec : http://quebec.huffingtonpost.ca/pierre-cote/la-malhonnetete-intellectuelle_b_2626087.html?utm_hp_ref=politique   Il a raison - ce formulaire de questions a toutes les apparences de la malhonnêteté intellectuelle.

Michel Huot, sociologie, CBA


mardi 24 avril 2012

De l'éducation; un point de vue finlandais!

En Finlande, un petit pays prospère de Scandinavie, on a à coeur l'éducation des petits. Ils ont organisé là-bas un système très original financé par l'État. Pour avoir une idée de ce qu'ils font là-bas, nous vous invitons à visionner ce reportage - surtout à partir de la 31ième minute :


Par ailleurs, pour nourrir votre réflexion sur les droits de scolarité,  nous vous invitons à consulter l'analyse suivante publiée dans le Devoir.


Et si jamais le coeur vous en dit, vous pouvez signer la pétition en ligne sur le site de l'Assemblée Nationale :



  

dimanche 30 octobre 2011

L'air du temps : l'immobilisme social

Le Québec arrive à un carrefour. Il ralentit mais ne sait pas dans quelle direction aller. Tournera-t-il à droite, à gauche?  Il ne se branche pas, tergiverse, placote, discute, jase, en parle... Il se cherche, ne se trouve pas, tourne en rond et n'agit pas. Pas de projet rassembleur mobilisateur, pas de goût d'entreprendre de virage. Ou pas le temps? Le temps nous fait courir à en perdre le souffle : garderie, déplacements, travail, argent, argent, argent. Et les plus jeunes, eux, ils sont sur Facebook, atomisés dans leur univers narcissique.

Une chance qu'il y a le Canadien - ou un quelconque produit culturel jetable après usage (Occupation double, et cie) ;). Cynique, le citoyen choisit de demeurer dans le privé, discutant entre amis de collusion, de corruption et autres malaises de la civilisation.

C'est l'air du temps! Plusieurs productions sont parus récemment pour tenter de mettre le doigt sur le bobo et de tracer des «pistes de direction». Pour réfléchir et/ou rafraîchir votre discours, surtout pour tenter de sensibiliser vos étudiants, voici deux productions à voir ou à lire:

À voir bientôt sur un écran, un documentaire :  République : un abécédaire populaire
À lire en attendant, un essai : De quoi le Québec a-t-il besoin?

Bon week-end.

mercredi 19 octobre 2011

Les sciences humaines sont-elles des sciences?

Les sciences humaines sont-elles des sciences? Large débat épistémologique sur la scientificité des sciences humaines qui a été résolu : OUI et non! Dans la panoplie de ses méthodes et de ses théories, les sciences humaines utilisent effectivement la méthode scientifique. Cependant, dans tous les champs disciplinaires, certains discours demeurent plutôt spéculatifs, voire littéraires.

Les sciences humaines composent avec un objet dont le degré de complexité est fort élevé : l'invidivu et la société. Ainsi, dans le champs des sciences de la nature, il est relativement plus facile d'isoler les paramètres d'un système si bien qu'on peut en dégager des régularités et prédire son état futur. En sciences humaines, isoler un système s'avère pratiquement impossible - à part peut-être en psychologie avec la méthode expérimentale.

La dimension «compréhension» est aussi nécessaire aux sciences de l'esprit comme l'affirmait Dilthey. Ainsi, non seulement l'action d'isoler les systèmes humains est-elle pratiquement impossible - sinon éthiquement impraticable, mais de plus, il faut ajouter la dimension compréhension aux phénomènes humains.

Thierry Martin est à la tête d'une équipe qui a publié récemment un petit bouquin intéressant à ce sujet: Les sciences humaines sont-elles des sciences? 

À écouter : une entrevue d'une quinzaine de minutes de Thierry Martin aux  Années lumières, une émission de Radio-Canada.

  


mardi 4 octobre 2011

Les émotions démocratiques. Comment former le citoyen du XXIe siècle?

Vient de paraître en français le dernier essai de Martha Nussbaum :

Martha Nussbaum

Martha Nussbaum, Not for Profit. Why Democracy Needs the Humanities, Princeton & Oxford, Princeton University Press, 2010. Traduction française : Les émotions démocratiques. Comment former le citoyen du XXIe siècle ? Climats, août 2011, 204 p.

Cet essai complexe démontre que les humanités et les sciences humaines sont les véritables gardiennes des valeurs démocratiques. Malheureusement, depuis plusieurs décennies, elles sont considérées comme un luxe qu'on ne peut plus se permettre. Aux États-Unis, certaines universités ont même commencé à fermer quelques départements reliées aux humanités. Les partisans de l'éducation tournée vers le profit économique passent leur temps à demander : les humanités et les sciences sociales, à quoi servent-elles? Elles n'inventent pas de nouvelles technologie, ne génèrent pas de profit. Elles ne dotent même pas les étudiants de compétences utiles sur le marché du travail!!! Alors, à quoi servent-elles?



De plus en plus plaçées sur la défensive, les humanités et les sciences humaines se cherchent une mission. Et Nussbaum en propose une excellente...

En fait, souligne-t-elle, à côté de la sphère économique et technologique coexistent les très importantes sphères politique et sociale. En Occident, les démocraties libérales se sont développées justement dans les sphères politique et sociale  - parfois en porte-à-faux de la sphère économique et technologique. Mais elles sont fragiles; le totalitarisme nous guette si nous laissons agir librement les forces économique et technologique.

Ainsi, la mission fondamentale des humanités et des sciences humaines serait de cultiver les valeurs démocratiques. Il faut continuer de former des citoyens dotés d'un esprit critique, capables de s'indigner devant les injustices sociales,  et munis d'une volonté d'agir publiquement.

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Plaidoyer important en faveur des humanités (et des sciences sociales), Les émotions démocratiques. Comment former le citoyen du XXIe siècle ? est un ouvrage qu'il vaut la peine de lire.