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jeudi 3 octobre 2013

Appel de candidatures pour la formation d'un groupe de travail sur le cours d'histoire du Québec contemporain


Voici les deux documents du MESRST concernant la formation d'un groupe de travail chargé d'élaborer un objectif et standard pour le futur cours d'histoire du Québec contemporain ;

  • la lettre du Ministère présentant la création du groupe de travail;
  • la fiche de description du groupe de travail.
Ceux qui sont intéressés, vous avez jusqu'à quatre heures aujourd'hui, le 4 octobre pour envoyer votre lettre d'intention.



    APPEL DE CANDITATURES

    La Direction de l’enseignement collégial est à la recherche d’enseignantes et d’enseignants intéressés à participer à un groupe de travail chargé de l’élaboration d’un objectif et standard de la formation générale sur l’histoire du Québec contemporain.

    Disciplines recherchées :       Histoire, politique, sociologie, géographie, économie, «humanities»`

    Toute autre candidature d’une personne faisant valoir une expérience pertinente sera considérée.


    Nombre de personnes :        Environ 7.


    Durée :                                  Deux rencontres d’une journée, en  octobre et novembre, les vendredis;

                                                   Le cas échéant, une rencontre d’une journée, en avril.


    Critères de sélection :          Avoir une expérience d’enseignement d’au moins 5 ans;

                                                   Avoir une bonne connaissance des programmes d’études collégiales;

                                                   Écrire un texte de présentation d’au plus une page faisant ressortir son

    intérêt et son expérience.


    Mandat du groupe de travail :  Élaborer un objectif et standard de formation dans le domaine des études sur le Québec contemporain;

                                                   Élaborer les buts de formation associés à l’objectif et standard;

    Le cas échéant, faire des recommandations visant l’harmonisation des objectifs et standards et des buts de formation des autres disciplines de la formation générale.

    Pour la réalisation de son mandat, le groupe de travail tiendra compte des orientations qui suivent.

                Dans une perspective multidisciplinaire, tenant compte des visées de la formation générale, les éléments de formation viseraient :

    <!--[if !supportLists]-->·         <!--[endif]-->Les origines et les caractéristiques de la société québécoise contemporaine;

    <!--[if !supportLists]-->·         <!--[endif]-->La culture et l’identité québécoise;

    <!--[if !supportLists]-->·         <!--[endif]-->Les institutions démocratiques, les droits et devoirs des citoyens, la participation à la vie publique;

    <!--[if !supportLists]-->·         <!--[endif]-->La vie économique, les régions;

    <!--[if !supportLists]-->·         <!--[endif]-->La communauté anglophone;

    <!--[if !supportLists]-->·         <!--[endif]-->Les nations autochtones et leur place dans le Québec contemporain;
    <!--[if !supportLists]-->·         <!--[endif]-->L’immigration te l’intégration à la société québécoise;
    <!--[if !supportLists]-->·         <!--[endif]-->La place du Québec dans le monde.
    Les personnes intéressées à poser leur candidature doivent le faire en adressant leur texte  de présentation (ne pas faire parvenir de curriculum vitae), de même que leurs coordonnées, d’ici le 4 octobre 2013, par courriel, à :
    Les choix des candidates et des candidats sera annoncé vers le 10 octobre 2013.


    lundi 27 mai 2013

    Les professeurs des sciences humaines s’y sont opposés en vain…

    24 mai 2013 | Claire Denis - Pour l’exécutif du Réseau des sciences humaines des collèges du Québec |
     
    Depuis un an déjà, les professeurs de sciences humaines du réseau collégial québécois manifestent leur opposition aux changements de nom et de compétences proposés pour le programme arts et lettres. Il est assez inusité que des enseignants tentent d’intervenir dans le processus de refonte d’un programme qui n’est pas le leur. C’est par l’entremise du Comité d’enseignantes et d’enseignants du programme sciences humaines et par le Réseau des sciences humaines des collèges du Québec (RSHCQ) que les objections concernant les changements proposés ont été soulevées. Les professeurs de sciences humaines se sont d’abord interrogés sur la pertinence de faire disparaître les termes arts et lettres de la palette de programme des cégeps. Ils ont aussi eu l’impression que l’orientation donnée à ce nouveau programme aura pour effet d’envahir leur terrain, tant sur le plan des expertises conceptuelles sollicitées que celui des méthodologies scientifiques empruntées. Dans le projet initial, le profil attendu par les universités et quelques-unes des compétences proposées auraient tout aussi bien pu se retrouver dans un programme de sciences humaines, ce qui a agacé des professeurs en provenance de plusieurs disciplines.

    Mise en marché

    C’est le choix du nom culture et communication qui constitue l’irritant principal. Ni la culture ni les communications n’appartiennent en propre au domaine des arts, des lettres ou des langues… En plus de générer de la confusion, ce nouveau nom semble relever davantage d’un processus de mise en marché d’un programme, dans une perspective de concurrence, que d’une réelle réflexion sur les distinctions à faire dans la formation des jeunes qui fréquentent le préuniversitaire. En dehors de l’opposition venue des sciences humaines, les rédacteurs du nouveau programme ont dit avoir reçu des commentaires plutôt positifs sur leur projet et rencontré peu de résistances. Il est malaisé de saisir ce qui a mené les professeurs reliés à ce programme à accepter de faire disparaître un nom qui les caractérisait bien, particulièrement en ce qui a trait au domaine des lettres, qui y perdra en visibilité. Or, cet important domaine de la pensée humaine mérite une place bien en vue. Une appellation, un nom, une marque, ce n’est pas anodin : c’est une vitrine, une identité. En marketing, c’est un fait connu… Les professeurs de français défendent généralement avec vigueur la littérature dans la formation générale des collégiens, qu’ils aient accepté cela est un peu étonnant. En sont-ils pleinement conscients ou en ont-ils été informés adéquatement ?

    Il existe un autre problème que l’on peut soulever autour de ce choix. Avec ce nom calqué sur un programme d’études universitaires existant, comment justifier le fait que la très grande majorité des professeurs qui oeuvreront dans ce nouveau programme ne soient pas spécifiquement formés dans le domaine des communications ? Aurait-on fait le choix de s’identifier à quelque chose qui est « à la mode » sans en avoir mesuré toute la portée ? Pour ce qui est du ministère qui a sanctionné cette décision, il faudrait que l’on s’interroge sur le rôle de notre système d’éducation et sur cette forte tendance au niveau des études supérieures à se mouler aux domaines plus appliqués. Il serait probablement plus judicieux de résister à ces courants et de garder le cap, notamment pour protéger des domaines moins « populaires » et favoriser leur épanouissement. Les institutions d’enseignement restent parfois le seul rempart pour préserver certains savoirs de l’humanité ; cela reste l’une des grandes responsabilités dévolues à notre système d’éducation, particulièrement au niveau de l’enseignement supérieur.

    mardi 5 février 2013

    Le programme Arts et Lettres change de nom. On parlera dorénavant du programme «Culture et Communication». Est-ce une bonne chose? Pas sûr!!!


    Comme tous les programmes collégiaux, Arts et Lettres a été révisé. La procédure a suivi son cours. Comme pour tous les programmes pré-universitaires, on a demandé aux universités quelles sont leurs attentes. On a consulté les acteurs qui évoluent dans le programme. Le Comité-conseil du programme a été impliqué à toutes les étapes du processus... À la suite de ces consultations, et après des discussions animées, on a fini par bâtir un projet de réforme. Ainsi, le programme révisé d’Arts et lettres deviendra «Culture et communication».

    Affirmons d’emblée que la révision du programme a amené plusieurs améliorations - sans contredit. Soulignons d’abord que le nombre d’unités et le nombre d’heures d’enseignement seront augmentés, ce qui est non négligeable. L’apprentissage des Arts et des Lettres méritent autant d’heures d’enseignement que l’apprentissage des sciences humaines.

    Il vaut aussi la peine de mentionner que la carte des options du programme sera augmentée. On retrouvera dorénavant sept options – au lieu des deux actuel.(1) Cela vient préciser davantage les parcours d’études propres au programme. Ce n’est certainement pas une mauvaise idée. À lire les PV des comités, il semble que les discussions sur les options ont été longues et que le consensus a été difficile à obtenir. On discute encore du profil Arts, trop flou encore.
    Les étudiants qui suivront ces différents parcours auront néanmoins un tronc commun plus élaboré. À nos yeux, il s’agit là du cœur de la réforme. Il y aura six objectifs communs au lieu des trois actuels. Les trois objectifs communs du programme actuel sont :
    1. Explorer le domaine des arts et le domaine des lettres;
    2. Situer les courants déterminants du domaine des arts et du domaine des lettres:
    3. Intégrer des connaissances et des habiletés acquises dans le programme.
    Ils seront remplacés par :
    1. Appliquer des méthodes permettant l’étude en culture et communication;
    2. Expliquer les caractéristiques essentielles d’un domaine en culture et communication;
    3. Expliquer des enjeux culturels nationaux;
    4. Fonder un jugement critique;
    5. Apprécier la diversité culturelle contemporaine;
    6. Démontrer l’intégration personnelle d’acquis en culture et communication.



     

    L’élaboration des objectifs du tronc commun n’a pas été simple. Diverses conceptions des arts, des lettres et des langues se sont affrontées. Certains ont défendu une approche plus «pratique et créative» plutôt qu’une approche jugée trop théorique du programme. D’autres n’ont pas apprécié la couleur «sciences humaines» que prenait le programme révisé.(2) Enfin, certains ont déploré la marginalisation des langues dans le nouveau programme.






    À nos yeux, toutes ces tensions s’incarnent carrément dans le nouveau titre du programme : «Culture et communication». Nous nous interrogeons beaucoup sur le choix de ce titre, bien que nous comprenions les intentions de départ. Bien sûr, les deux concepts (culture et communication) ont l’avantage de couvrir tous les domaines d’étude du programme. Mais, en s’élevant dans l’abstraction, les concepts perdent aussi de vue la substance même du programme ; ils ne représentent plus la réalité du terrain. De plus, ils empiètent sur d’autres réalités, notamment celle des sciences humaines. Cela risque de causer un flou artistique qui pourrait amener des tensions – voire des conflits. En général, la culture et les communications réfèrent à l’univers des sciences humaines. Ce sont des normes culturelles occidentales que de situer ces «objets» dans le champ d’études des sciences humaines.
    Nous comprenons qu’il faille trouver un nom de programme qui représente l’ensemble des domaines d’étude. Mais rappelons que, parmi les 7 options du nouveau programme, il y a les arts, le Cinéma, la littérature et le théâtre! 4 options sur les 7 se situent dans le domaine des arts! Alors pourquoi ne pas avoir conservé le générique «art» dans le libellé du programme ? Pourquoi pas un programme intitulé Arts, Langues et Lettres ? Ou encore Arts, Langues et Communications ? Ou encore Arts, langues et création médiatique. Car, il faut bien se rendre à l’évidence; il y a bel et bien trois volets à ce programme.
    En le nommant «Culture et communication», on ne rend certainement pas justice à ce programme. «Culture et communication», c’est une fausse représentation de ce qu’est véritablement ce programme. «Culture et communication», c’est un profil de sciences humaines, rien d’autres… Dommage qu’on persiste à conserver ce nom car la réforme avait beaucoup de bien. Malheureusement, ce titre ne tient même pas compte de tout ce travail accompli. Dommage…
    ________
    (1) Note : Les deux options actuelles sont : 1) Arts et lettres; 2) Langues. Ces options seront
          remplacées par :         
            1) Multidisciplinaires, 2) Arts; 3) Cinéma; 4) Langues; 5) Littérature; 6) Médias; 7) Théâtre
    (2) Note : D’ailleurs, il semble bien qu’on ait réalisé cette dérive en corrigeant le libellé de certains
          objectifs du tronc commun ainsi que certains critères de performance.  Mais il n’en demeure pas
          moins que la couleur «sciences humaines» demeurent – probablement pour satisfaire aux
          attentes des universités.
     
     
    Michel Huot pour le RSHCQ

    mercredi 7 novembre 2012

    Accroissement de la recherche dans les cégeps : des enjeux importants à soupeser

    Accroissement de la recherche dans les cégeps : des enjeux importants à soupeser

    Le dernier congrès de la Fédération des cégeps, tenu à Québec les 24 et 25 octobre et intitulé Les cégeps, moteurs de recherche, a examiné la question de l’élargissement et du renforcement de la mission de recherche au niveau collégial. Les cégeps font de la recherche pédagogique depuis au moins 40 ans. Ils ont également donné naissance aux Centres collégiaux de transferts de technologie et de pratiques novatrices (CCTT) dont les premiers sont apparus il y a 30 ans. Actuellement, dans le réseau, l’on trouve 40 CCTT qui effectuent de la recherche et du transfert technologique et six CCTT en pratiques sociales novatrices (PSN), tous membres du Réseau Trans-tech :  http://reseautranstech.qc.ca/   Ainsi, une authentique tradition de recherche est apparue dans plusieurs collèges et elle s’exprime à travers une quantité appréciable de projets financés par différents programmes : PAREA, PART, etc.

    Si l’enseignement demeure la mission centrale des cégeps, un accroissement des activités de recherche aura nécessairement un impact significatif sur la structure et le fonctionnement du réseau collégial. Lors du congrès, une table ronde a été organisée pour discuter des motifs qui poussent la Fédération des cégeps à souhaiter prendre cet important virage. Pourquoi effectuer davantage de recherche dans les cégeps, quel type de recherche y faire et comment? Un impressionnant panel a été réuni pour en débattre : Luc Desautels, président de l’Association pour la recherche au collégial (ARC); Yves Gingras, historien et sociologue des sciences, UQAM;  Hélène P. Tremblay, ex-sous-ministre adjointe à l’enseignement supérieur (MELS) et ex-présidente du Conseil de la science et de la technologie; Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec; Jean Trudelle, ex-président de la FNEEQ et professeur de physique; le tout animé par Michel Venne de l’Institut du Nouveau Monde (INM). 

    Si cette avenue de travail paraît fort alléchante et prometteuse, reste que ce virage ne s’effectuerait pas sans risques. Parmi les enjeux soulevés lors de la discussion, il y a celui de voir les cégeps se transformer en une pâle imitation des universités. En renforçant la dimension recherche, qu’est-ce qui distinguerait désormais les cégeps des universités? La tension que l’on observe dans les universités entre la mission d’enseignement et celle de la recherche se reproduirait-elle au collégial? L’un des reproches fréquemment entendus au sujet des universités québécoises est le peu d’intérêt que l’on semble accorder à l’enseignement. Les étudiantes et étudiants de premier cycle sont-ils vraiment bien servis dans un modèle qui fait une large place à la recherche? Les cégeps ne risqueraient-ils pas de tomber dans le même piège? Par ailleurs, historiquement, les fonds de recherche sont généralement attribués à des détenteurs de doctorat. Pour développer la recherche au collégial, il faudrait modifier les règles de certains programmes de soutien à la recherche pour les rendre davantage accessibles aux détenteurs de maîtrise. Cela aurait-il un impact sur la qualité ou le type de recherche autorisé? Quels impacts cela aurait-il également sur la tâche des enseignants, qui serait nécessairement à réévaluer? Ne risquerions-nous pas de voir apparaître deux classes de professeurs? Par ailleurs, une autre question se posera inévitablement : comment financer suffisamment la recherche au collégial à une époque où la plupart des institutions publiques crient famine?  D’où viendront les fonds? Par delà ces enjeux, les intervenants étaient assez d’accord pour dire que, si la recherche se développe davantage au collégial, il faudra qu’elle le fasse avec sa spécificité propre, tant dans le type de recherche à privilégier que dans la manière de le faire.


    Les arguments favorables à l’expansion de la recherche dans les cégeps sont assez évidents : soutien au développement régional, production d’innovations technologiques, rôle actif dans la croissance économique, développement d’une expertise riche et d’une main-d'œuvre très qualifiée, capacité d’attraction et de rétention de divers spécialistes vers les cégeps, financement accru des activités collégiales, visibilité plus grande des cégeps, contribution à l’essor de la société québécoise… Toutefois, un certain nombre d’enjeux également importants à soupeser n’ont pas été abordés clairement. Par exemple, si le secteur privé y investit davantage, quels types de liens se tisseront entre le réseau collégial public et les entreprises privées? Qu’arrivera-t-il lorsque des innovations lucratives auront été mises au point? Comment se partager les redevances? Dans le présent univers techno-industriel, où l’innovation peut se transformer en profit, quelle place fera-t-on aux sciences humaines et à des domaines comme les arts ou la philosophie? Seront-ils encore les parents pauvres de la recherche, comme on le constate dans les universités? Pour toutes ces raisons, il y a clairement matière à avancer prudemment.

    En somme, voici quelques enjeux importants qui se posent autour de l’accroissement de la recherche au collégial:

    -          Maintien de la spécificité de l’ordre collégial…
    -          Développement d’une approche originale, différente des universités…
    -          Maintien de la priorité à l’enseignement, en évitant notamment que les étudiants ne fassent les frais du développement de la recherche…
    -          Évaluation de l’impact sur la tâche des enseignants et des tensions possibles autour de l’apparition d’un statut de chercheur créant deux classes de professeurs…
    -          Embauche de personnel qualifié en recherche… 
    -          Définition des liens entre les institutions d’enseignement et les entreprises collaborant ou bénéficiant des travaux de recherche…
    -          Définition du partage des redevances, le cas échéant (Éviter le « public risk, private profit »)… 
    -          Poursuite de la tradition de la recherche pédagogique…
    -          Croissance probable du secteur technique…
    -          Place qui sera faite à la recherche liée aux sciences humaines, aux arts, aux lettres et à la philosophie…

    Maintenant que cette pratique est établie, elle croitra sur sa lancée, inévitablement. Reste à veiller à ce que cette transformation de l’ordre collégial demeure positive et profite à tous.

    Claire Denis
    Cégep de Sherbrooke

    dimanche 4 novembre 2012

    Arts et lettres en Culture et communication; un camouflet au programme de Sciences humaines


    Arts et lettres en Culture et communication;
    un camouflet au programme de sciences humaines

    Tout le monde le moindrement informé dans le petit monde collégial le sait : le programme d’Arts et lettres est en révision et un  projet quasiment final a été déposé. Il est tard pour réagir puisque selon l’échéancier déterminé par le MELS, le programme réformé aurait dû être adopté cet automne.[1] Mais il est encore temps, du moins espérons-le.
    Le processus de révision du programme a suivi son cours normal. On a demandé aux universités quelles étaient leurs attentes. On a consulté les acteurs impliqués dans le programme. Le Comité-conseil du programme d’Arts et lettres a dû être impliqué à toutes les étapes du processus... À la suite de ces consultations, et après des discussions probablement animées, on a fini par bâtir le projet de réforme qu’on connaît. Ainsi, Arts et lettres deviendrait Culture et communication![2]
    Pour avoir passé par là en sciences humaines, on sait que les attentes des universités ont un poids très importants dans la décision de réformer un programme pré-universitaire. Regardons donc les attentes des universités, attentes très légitimes évidemment. De prime abord, on constate qu’elles concernent beaucoup les sciences humaines. Ainsi, lorsqu’on consulte le document sur le Profil attendu par les universités chez les diplômées et diplômés d’Arts et lettres, on lit dès le premier point l’attente suivante :
     
    La personne diplômée est apte à exploiter des connaissances générales et des éléments de culture en lien avec les disciplines du programme Arts et lettres (histoire, géographie, littérature, politique, actualité, arts, philosophie, anthropologie, etc.)[3]

    Allô?! Histoire, géographie, politique, anthropologie, n’est-ce pas là des disciplines des sciences humaines ?  Combien de cours d’histoire les étudiants d’Arts et lettres suivent-ils dans leur programme ? Combien de cours de géo, de politique, d’anthropologie ?
    Ou bien on a l’intention d’intégrer dans le programme Culture et communication de vrais cours de sciences humaines, ou bien on se moque des sciences humaines.  Ou bien, on a erré!
    Dans le deuxième point, on lit ceci : «La personne diplômée est apte à exploiter des connaissances disciplinaires spécifiques de base liées aux domaines des arts, des lettres et langues, des sciences de l’éducation et des sciences humaines.»[4]
    Une fois de plus, on sollicite les sciences humaines! Super! Ou bien on a l’intention d’intégrer dans le programme Culture et communication de vrais cours de sciences humaines, ou bien on se moque des sciences humaines.  Ou bien, on a erré!
    Choses certaines cependant, les universités semblent être vraiment préoccupées par le fait que les étudiants qui arrivent dans leurs facultés devraient avoir des notions de base en sciences humaines. Cela devrait faire partie de leur bagage culturel.
    Vérifions maintenant comment se traduisent ces attentes des universités dans les Objectifs et standards du programme révisé. Verra-t-on l’apport important des sciences humaines apparaitre dans le programme réformé ? Je ne suis pas sûr! 
    On sait d’abord que les étudiants de Culture et communication pourront peut-être suivre quelques cours complémentaires en  sciences humaines. Je dis peut-être car nous savons que les cours complémentaires en sciences humaines sont noyés dans une mer de six domaines d’études différents.
    En ce qui a trait à la formation spécifique du programme, on a formulé 5 objectifs communs au programme :
    XX00 : Expliquer les caractéristiques essentielles d’un champ culturel dans une perspective sociohistorique.
    XX01 : Appliquer des méthodes permettant l’étude en culture et communication.
    XX02 : Critiquer des objets culturels.
    XX03 : Analyser des enjeux historiques et nationaux en culture et communication.
    XX04 : Démontrer l’intégration personnelle d’acquis en culture et communication.[5]
    Les compétences 00 et 03 s’apparentent à mes yeux à des sciences humaines. En fait, on est en plein dans le champ des sciences humaines! On a juste à regarder les critères de performance de chacune de ces compétences pour se rendre à l’évidence…

    01
    ·        Utilisation appropriée de concepts et de méthodes propres à l’analyse sociohistorique et socioculturelle.
    03
    ·        Utilisation appropriée de concepts et de méthodes propres à l’analyse sociohistorique et socioculturelle.
    ·        Identification appropriée du processus de légitimation culturelle. [6]

    Voilà donc… Il y a là matière à introduire dans ce programme réformé au moins un cours d’histoire et un cours de sociologie. Ce serait bien cela de pris! Est-ce prévu? Je ne crois pas que ce soit l’intention des acteurs de ce programme d’introduire des cours de sciences humaines. Pourtant, il me semble que ça devrait être le cas.
    Maintenant, comme professeur œuvrant dans le programme de Sciences humaines,  je me sens coincé. Introduira-t-on véritablement des cours de sciences humaines dans le programme de Culture et communication? Je le souhaite ardemment – au moins autant que les universités!
    Et s’ils introduisent vraiment des cours de sciences humaines dans ce programme, seront-ils donnés par des profs patentés ayant  le diplôme dans la discipline? Je ne crois pas – non plus.  Pourtant, on ne fait pas donner des cours de génie civil par des profs spécialistes en travail social! Et on ne fait pas donner des cours propres au travail social par des ingénieurs! Alors, pourquoi les cours de sciences humaines devraient être enseignés par des spécialistes de la littérature?
    Par respect pour les disciplines de sciences humaines,  je crois qu’il faut réagir à ce projet. S’ils n’introduisent pas de cours de sciences humaines dans le programme «Culture et communication», ce sera quasiment un détournement de réforme. Les universités s’y attendent! Et s’ils en introduisent (ce qui me surprendrait!), il faudra veiller à ce qu’ils soient donnés par des profs réputés compétents pour le faire. Sinon, c’est irrespectueux!
    J’espère simplement que le programme intitulé «Culture et communication»  n’est pas uniquement un exercice de marketing fait dans le but d’attirer une clientèle qui se dirige traditionnellement en sciences humaines. Ce serait se moquer des sciences humaines… et on aurait erré!!!

    Michel Huot, secrétaire du RSHCQ



    [1] QUÉBEC, MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION, DES LOISIRS ET DU SPORT, Travaux de révision  du programme d’études préuniversitaires  arts et lettres (500.a1), année 2012, [En ligne], http://www.mels.gouv.qc.ca/ens-sup/ens-coll/COMITE/3fev2012.pdf (Page consultée le 31octobre 2012)
    [2] Note : Que voilà un beau profil du programme de sciences humaines!
    [3] QUÉBEC, MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION, DES LOISIRS ET DU SPORT,  Profil attendu par les universités chez les diplômées et diplômés d’Arts et lettres, Québec, 2012.
    [4] IBIDEM
    [5] QUÉBEC, MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION, DES LOISIRS ET DU SPORT, Culture et communication -programme d’études préuniversitaires - 500.xx (PROJET), Québec, 2012, p. 13.
    [6] IDEM., p. 17 et 21.

    lundi 29 octobre 2012

    Arts et Lettres ou Culture et Comminication???


    Le programme Culture et communication  alias  Arts et lettres : le changement de nom se concrétise…

    Concernant le projet de refonte du programme Arts et lettres, à la suite d’une consultation assez large, il semble que la version définitive du nouveau programme sera prête pour les Fêtes. Pour l’instant, au MELS, une équipe travaille à rajuster la version préliminaire de ce programme qui tiendra compte de certains commentaires émanant du réseau. Le titre Culture et communication (500.xx) ne fait pas l’unanimité, mais on maintient le cap pour l’instant, malgré les critiques soulevées. En ce qui a trait aux effets que ce choix aura sur le programme Sciences humaines, cela reste à voir. Cependant, les programmes universitaires en communication font largement appel aux sciences humaines, dans leur démarche scientifique notamment. Il est clair que le choix des concepteurs du nouveau programme, qui valorise la nouveauté, ne respecte pas les compétences des sciences humaines et empiète, à sa face même, sur notre champ d’études.  
     
     
    Le printemps dernier, une lettre[1] a été adressée à la Direction des études collégiales pour présenter le point de vue du comité d’enseignants et d’enseignantes des sciences humaines.  Également, des pressions ont été faites sur les directions des études, dans plusieurs collèges, par les coordinations de programme de Sciences  humaines --- parfois aussi par les coordinations d’Arts et lettres qui ne sont pas en accord avec ce changement--- pour tenter de faire modifier le titre proposé du programme et le libellé de quelques compétences. Il n’est pas trop tard pour effectuer de nouvelles pressions sur votre direction des études, pour faire valoir le sentiment d’empiètement sur les compétences de sciences humaines et le risque de conflit qui pourrait en découler… Sans monter aux barricades, reste que, encore une fois, les sciences humaines se font dépouiller sans que cela ne choque personne… Que dire également de la disparition des Lettres de l’offre de programmes au niveau collégial??? Restera le petit programme Sciences, lettres et arts pour représenter ce vaste champ d’études… Y a de quoi s’interroger et s’indigner…   
     
     
    N’hésitez pas à signifier votre désaccord et à exiger une intervention auprès du MELS. Il faut signifier clairement, possiblement par l’entremise de votre comité de programme ou en amenant le sujet à votre Commission des études, que les professeurs des Sciences humaines n’apprécient pas la situation et s’opposent à cette orientation! Éventuellement, dans nos cégeps respectifs, pourquoi ne mettrions-nous pas sur pied des profils Communication en Sciences humaines? Cela montrerait peut-être le côté absurde de la situation?  Si nous ne disposons que de peu de pouvoir pour influencer le processus de révision d’un programme, surtout lorsque ce n’est pas le nôtre, nous avons, à tout le moins, le pouvoir de ne pas nous laisser damer le pion sans rien dire!  
     
    Claire Denis 
    Cégep de Sherbrooke
    Responsable du Comité d’enseignants et d’enseignantes du programme préuniversitaire
    Sciences humaines
     
    P.S.: Pour ceux qui veulent suivre cette refonte du  programme d'Arts et Lettres, voici de bonnes  adresses pour alimenter votre réflexion :
     


    [1]  Si vous souhaitez une copie de cette lettre, demandez à votre coordonnateur de programme qui est habituellement celui ou celle qui représente votre collège au Comité d’enseignantes et d’enseignants du programme Sciences humaines. Vous pouvez également communiquer avec moi pour en obtenir une copie.  

    lundi 14 mai 2012

    Chronique de grève : Le retour... au Cégep de Sherbrooke

    Échappé belle, c’est tout ce qui me vient à l’esprit suite à la décision des étudiantes et étudiants du Cégep de Sherbrooke de cesser la grève. Nous réussirons à terminer la session avant la fin juin et les « dommages collatéraux » seront limités. Nous aurons tous à mettre de l’eau dans notre vin, mais nous y arriverons ensemble, solidairement. Les étudiants devront travailler très fort devant le sprint qui s’annonce, les cours seront condensés. Espérons que leur réussite n’en sera pas trop affectée.  Il semble, de prime abord, que les abandons ne soient pas très nombreux en Sciences humaines. L’ambiance est morose chez ceux qui ont milité et soutenu activement le mouvement de grève.  Le commentaire qui revient le plus souvent : « Tout cela pour ça, pour si peu... »  Ils sont fatigués, désillusionnés. Cependant, la vie académique reprend son cours calmement, avec énormément de maturité de la part des jeunes.  Malgré mon biais favorable envers le mouvement étudiant, je suis soulagée... Le prix payé par les grévistes pour soutenir de leur idéal est en voie de devenir trop élevé.

    Je demeure sincèrement inquiète pour mes collègues dans les cégeps toujours en grève et surtout pour les étudiantes et étudiants. Ouf... Que va-t-il leur arriver? Comment vont-ils s’en sortir? La ligne dure maintenue tout au long de ce conflit est en voie de tourner à la catastrophe. Les événements à Victoriaville, les perturbations du métro de Montréal, la grève qui s’éternise... c’est franchement inquiétant. Je ne décolère pas en ce qui a trait à la manière dont ce conflit a été géré par le gouvernement. Que l’on soit pour ou contre la hausse des frais de scolarité, il y a peu de gens pour dire que ce conflit a été bien conduit. Pourquoi n’a-t-on pas entrepris des négociations (des vraies) plus tôt, en mars par exemple?   Il existe une marge significative de négociation et de compromis possibles entre 0% et 82% d’augmentation des frais de scolarité. Les étudiants plus modérés se seraient fort probablement ralliés à une offre sensée...  Est-ce vraiment des questions électoralistes qui ont poussé le gouvernement à laisser trainer la situation à ce point? Je ne sais pas comment ce conflit sera analysé, une fois terminé et avec du recul. Moi je retiendrai que, en matière de conflit social, l’approche de la ligne dure, même si elle satisfait une partie de la population, est risquée, couteuse, inefficace.

    Bonne chance à mes collègues toujours en grève,

    Solidairement vôtre
    Claire Denis
    Cégep de Sherbrooke

    jeudi 26 avril 2012

    Refonte du programme Arts et lettres; le comité des enseignants des sciences humaines se prononce

    Voici la résolution votée par les profs présents à la réunion du Comité des enseignants des sciences humaines tenue à Québec le vendredi 20 avril :

    Programme «Culture et communication» en remplacement
    du programme Arts et lettres
    • Attendu que les libellés de compétence tels que rédigés dans la proposition actuelle du nouveau programme Arts et lettres empiètent sur des disciplines de sciences humaines;
    • Attendu que le nouveau programme Culture et communication, tel que proposé, risque d’engendrer des conflits locaux, vu les différentes interprétations qu’on peut donner à ces compétences;

    • Attendu l’importance de veiller à la qualité de l’enseignement disciplinaire;
     Le comité des enseignants des sciences humaines propose que le Ministère revoie les libellés de compétences et le titre du programme (Culture et communication), tel qu’on peut les lire dans le projet de nouveau programme, pour éviter toute confusion sur les disciplines appelées à enseigner les compétences de ce programme.

    Proposé par Louis Lafrenière
    appuyé par plusieurs profs...

    ***

    Seront-ils écoutés?

    lundi 20 février 2012

    Nouvelles des activités du MELS reliées au programme Sciences humaines


    Le MELS : pasde  révision du programme envisagée à court terme
    Pour ceux qui souhaitent prendre l’habitude de s’intéresser au programme de Sciences humaines sur le plan provincial, voici quelques nouvelles des activités en cours de réalisation cette année. L’an dernier, comme tous les ans, le Comité-conseil pour ce programme a défini un mandat pour la responsable du Comité des enseignants, à réaliser avec le soutien du fonctionnaire responsable de ce programme. Le mandat planifié à l’origine par le MELS était chargé (voir p. 9 du compte rendu de la réunion du Comité-conseil du 29 avril 2011**). Une conjoncture particulière, liée aux prises de retraite et aux mouvements de personnel, a forcé des réajustements importants. Notamment, le projet d’une enquête sur les difficultés d’intégration aux études collégiales des étudiantes et étudiants en Sciences humaines, sur le plan de la lecture et de l’écriture, risque fort de se voir considérablement amputé, étant donné le peu de ressources que l’on compte y consentir. Le MELS vit également à l’heure des compressions budgétaires… (vieille rengaine et impression de déjà vu…).  Ce projet est encore en gestation et, à terme, si les compressions ne l’envoient pas aux poubelles de l’histoire, le MELS devrait faire appel à quelques professeurs, en provenance de cégeps volontaires, pour participer à sa réalisation. Également, un relevé des mesures exemplaires d’aide à la réussite destinées aux étudiantes et étudiants présentant des difficultés d’apprentissage a été  reporté sine die…

    En dehors de cela, un rapport sur la façon dont le programme prend en charge les visées de la formation collégiale est en construction. En 2007, lors des travaux d'actualisation de la formation générale, un groupe, composé de professionnels du Ministère et d'enseignants du collégial, a mené une réflexion pour tenter de discerner la spécificité de la formation à l’ordre collégial. Ces réflexions ont abouti à une vision élargie de l'approche programme. Trois visées de la formation collégiale et cinq compétences communes ont ainsi été définies. Il est prévu que tous les programmes des cégeps devront démontrer que ces visées collégiales sont effectivement prises en charge dans le cadre des cours de la formation spécifique. La réponse à cette commande a fait grincer quelques dents…

    Bref,  le travail sur notre programme national s’effectue selon ce que le Comité-conseil estime opportun de réaliser à un moment donné. Il ne semble pas y avoir de révision du programme envisagée à court terme. Cependant, les libellés de plusieurs compétences ont été retravaillés. La compétence associée au cours d’Histoire de la civilisation occidentale a été modifiée de même que les compétences 22N, 22R, 22S et 22U (initiation, approfondissement, application et enrichissement). Vous auriez intérêt, dans votre collège, à vous en inspirer, si vous devez retravailler vos cours. Ces nouveaux libellés restent optionnels, puisqu’ils n’ont pas obtenu la sanction ministérielle, mais nous avons été autorisés à les utiliser. Vous les trouverez dans un des rapports rattachés au compte rendu de la réunion du Comité-Conseil du 29 avril dernier (voir la liste des rapports ci-dessous).  
     
    Si vous souhaitez en connaître plus sur les activités du MELS en lien avec le programme Sciences humaines, une collègue du Cégep Gérald-Godin m’a fait parvenir une liste de liens pour consulter différents rapports produits depuis 2008. Cette liste est reproduite ci-dessous. Voici d’abord  un lien pour retracer tous les travaux présentés au Comité-conseil des Sciences humaines au fil des ans :
     
    Claire Denis
    Responsable du Comité des enseignants pour le programme Sciences humaines.

    dimanche 4 septembre 2011

    Les relations entre le MELS, les collèges et les enseignants; les mécanismes de consultation et de partenariat

    On peut affirmer que la gestion du réseau collégial au Québec est très décentralisé. 

    Le MELS a conservé un pouvoir de coordination nationale des programmes - bien évidemment. Il a aussi des pouvoirs de détermination des orientations de la formation collégiale, des objectifs et des standards des programmes d’études. Le MELS peut aussi définir des activités d’apprentissage de la formation générale commune et de la formation spécifique des programmes d’études préuniversitaires lorsque le contexte l’exige.


    Les collèges ont la responsabilité de déterminer les activités d’apprentissage de la formation générale propre, de la formation générale complémentaire et, le cas échéant, de la composante de la formation spécifique des programmes d’études préuniversitaires. Inutile d'affirmer ici que les Directions des études sont devenues très puissantes.
    Quant aux enseignants, comment participent-ils à la définition des programmes? Quel pouvoir détiennent-ils? Comment peuvent-ils se faire entendre au MELS? Ils peuvent faire entendre leur voix sur deux comités importants : le Comité-conseil et le Comité des enseignants.

    Le Comité-conseil est un comité mixte formé de représentants des directions des études des collèges privés et publics, de représentants des enseignants et de représentants des universités. Évidemment, de par la composition de ce comité, la voix des enseignants est plutôt diluée!

    Le Comité des enseignants a pour rôle d’appuyer le comité-conseil dans la réalisation des mandats que lui confie le Ministère. Donc, en quelque sorte, le CC est responsable du CE.

    Donc, concrètement, la Direction de l’enseignement collégial demande des avis et/ou confie des mandats au Comité-conseil. Celui-ci crée des groupes de travail nécessaires à la poursuite des travaux en mobilisant le Comité des enseignants.

    Pour avoir savoir plus: