mardi 7 mai 2013

Journée d’étude RSHCQ : L’avenir des sciences humaines et notre condition de prof


Journée d’étude RSHCQ
12 juin 2013, 9h, local B105  
Collège Édouard-Montpetit
945, Chemin de Chambly,  Longueuil

 L’avenir des sciences humaines et notre condition de prof : c’est quoi le rapport?

 Le Réseau des sciences humaines s’est notamment donné pour mission de veiller sur le programme Sciences humaines au collégial et de valoriser les sciences humaines d’une manière générale.  Afin d’orienter un certain nombre d’actions allant dans le sens de notre mission, l’exécutif du Réseau des sciences humaines a entrepris de mener une réflexion collective sur nos pratiques et sur la réalité qui nous est spécifique. Nous le savons d’expérience, nous l’avons tous ressenti à un moment ou l’autre… Il est parfois dur d’être prof… particulièrement en Sciences humaines. C’est parfois génial aussi… Mais objectivement, nous faisons face à une quantité d’étudiants par professeur très élevée, une proportion significative d’étudiants peu intéressés, difficiles à motiver… une gestion de classe parfois ardue, une quantité de corrections assommantes, une qualité de travaux décevante, des moyennes de groupe et des taux d’abandon parfois inquiétants... À cela se sont ajoutés, au fil du temps, de plus en plus d’étudiants avec des exigences particulières : les clientèles dites « émergentes »… Par ailleurs, le nombre de réunions est important, les responsabilités envers les programmes se sont accrues, des services professionnels sont désormais attendus. Bref en Sciences humaines, la tâche est lourde et cela ne semble vraiment pas reconnu. En outre, l’image de notre programme est malmenée, en plus de devoir porter le stéréotype du prof de cégep dont le travail est une sinécure... Or que savons-nous vraiment du niveau de difficulté relié à notre métier? Existe-t-il des données objectives pouvant confirmer ou infirmer nos perceptions empiriques?
L’objectif de cette journée d’étude est d’amorcer une forme de démarche qui viserait à documenter nos pratiques et à construire un portrait plus juste de notre réalité.  À terme, ce projet permettrait notamment d’identifier les irritants les plus importants, ce qui pourrait éventuellement se transformer en une forme de plateforme de discussions ou de revendications… C’est ici que se trouve le lien avec l’avenir des sciences humaines… Pour veiller au rayonnement et au développement de notre profession, pour mieux faire comprendre le rôle de cet important programme collégial dans la scolarisation générale de la population québécoise, le fait de documenter  nos pratiques contribuera à soutenir notre argumentation et à discerner des stratégies d’action structurantes. 
Les enseignants de toutes les disciplines de sciences humaines sont les bienvenus. Nous commencerons la journée en réfléchissant avec Maurice Angers, l’un des rédacteurs du programme actuel, à l’évolution de ce programme.  Des choix ont été faits au fil du temps, notamment pour répondre à certaines critiques et tenter de le bonifier. Cet historique nous permettra aussi de situer un des éléments importants du cadre dans lequel s’effectue notre enseignement.
Cet exercice ne sera pas une thérapie collective… mais cela risque tout de même de nous faire du bien, individuellement et collectivement… En plus, cela fera avancer la science… Alors, c’est un rendez-vous!!!
RSHCQ

 

 

Journée d’étude juin 2013 - Collège Édouard-Montpetit

RÉSEAU DES SCIENCES HUMAINES DES COLLÈGES DU QUÉBEC (RSHCQ)

Journée d’étude juin 2013 

Date :  Mercredi 12 juin 2013
Lieu :   Collège Édouard-Montpetit
Salle :    B-105
 

Horaire de la journée

9 h              Accueil des participants
9 h 30         Ouverture de la journée
                      - Mot de bienvenue et présentation de la journée

9 h 45        Conférence de M. Maurice Angers
                   L’histoire du programme Sciences humaines dans les cégeps

10 h 30       Pause
10 h 45       Atelier 1 : Les difficultés rencontrées quotidiennement en classe

12 h           Dîner

12 h 30       Assemblée générale RSHCQ
                     1. Rapport d’activités
                     2. État financier
                     3. Cotisation des membres
                     4. Orientations 2013-2014
                     5. Élections
                     6. Divers
                           a) Un logo pour le Réseau
                              b)  
                     7. Levée de l’assemblée

14 h            Atelier 2 : Les difficultés associées à la gestion des départements et des
                                       programmes

15 h            Pause

15 h 15       Atelier 3 : Conditions de travail et rayonnement du programme : pistes d’action
                                     pour préparer l’avenir…

16 h            Fin de la journée

Fiche d'inscription - journée d'étude du RSHCQ


Fiche d'inscription - journée d'étude du RSHCQ


RÉSEAU DES SCIENCES HUMAINES DES COLLÈGES DU QUÉBEC (RHSCQ)

 
Journée d’étude de printemps – Région de Montréal
Fiche d’inscription – 12 juin 2013
Date limite d'inscription : 30 mai 2013 (après, frais supplémentaires)
 

Nom : _____________________________________________________

Collège (cégep) : ____________________________________________

Adresse courriel : __________________@________________________

Discipline enseignée : _________________________________

 

Paiement :

Veuillez faire le paiement à l’ordre du RSHCQ

Envoyer avant le 1er juin 2013 (ou courriel) à :

Réseau des Sciences humaines des collèges du Québec
A/S M. J.-Louis Vallée, trésorier
Centre d’études collégiales de Montmagny
115, boulevard Taché Est
Montmagny (Québec) G5V 1B9


@ : jlvallee@cec.montmagny.qc.ca

 Je serai présent à la journée d’étude

☐ Ci-joint mon chèque au montant de 15$ (j’étais inscrit à la journée de Québec (11 janvier 2013)
☐ Ci-joint mon chèque au montant de 50$ (inscription avant le 30 mai)
☐ Ci-joint mon chèque au montant de 60$ (inscription entre le 30 mai et le 7 juin)

Je serai absent de la journée d’étude, mais je paie ma cotisation annuelle

☐ Ci-joint mon chèque au montant de 25$

Un reçu vous sera émis à la suite de votre paiement

lundi 29 avril 2013

À vos agendas! Le temps des colloques annuels est arrivé!

 Une fois la session terminée, plusieurs activités reliées à notre profession s’offrent à nous. Ces activités visent habituellement le perfectionnement pédagogique ou disciplinaire. En plus des colloques reliés à notre discipline d’enseignement, il y a les colloques de l’AQPC ou de l’ACPQ, bien organisés et de bon niveau. Ces rendez-vous annuels sont importants pour notre développement personnel et professionnel, pour le développement et le rayonnement de notre discipline d’enseignement et pour veiller sur les programmes dont nous sommes responsables. Il y a sans doute plusieurs bonnes raisons d’y assister : se ressourcer, se perfectionner, se réseauter, échanger, créer des liens, avoir du plaisir…  

Les cégeps se sont construits sur un principe de collégialité et les professeurs ont généralement été à la hauteur de leurs responsabilités. Les défuntes coordinations provinciales disciplinaires amenaient une forme de concertation entre les collèges du réseau. Depuis leur démantèlement en 1992, des associations disciplinaires ont pris le relais en sociologie (1992), en histoire (1995), en psychologie (1995) et tout récemment en économie. Ces associations existent grâce au travail bénévole de nos collègues. Ils répondent à différents besoins, dont celui de nous épauler mutuellement pour nous perfectionner ou encore, celui de découvrir des solutions variées aux problèmes que nous partageons inévitablement. Il faut nous en préoccuper, mettre l’épaule à la roue, cela fait partie de nos responsabilités professionnelles. N’oubliez pas d’inclure, dans votre choix d’activités de fin d’année, la journée d’étude du Réseau des sciences humaines (RSHCQ)…

Alors, vous pouvez mettre à votre agenda les événements suivants qui vous concernent :

Le colloque économie : Collège de Maisonneuve, 10-11 juin. Formons-nous adéquatement en économie au collégial? rmunger@cmaisonneuve.qc.ca

Le colloque histoire : Cégep Ste-Foy, 5 au 7 juin. Histoire de plaisirs.  http://www.aphcq.qc.ca/

Le colloque psychologie : Cégep de l’Outaouais, 10-11-12 juin. Le colloque des invincibles. http://apprcq.org/APPRCQ/Colloque.html

Le colloque sociologie : Cégep Limoilou, 3-4 juin. L’activisme à l’ère du numérique
Dynamisme ou inertie? Le rôle de la technologie dans l’action collective
 http://www.appsc.koumbit.org/

La journée d’étude du RSHCQ, programme Sciences humaines : Collège Édouard-Montpetit, 12 juin. Quel avenir pour le programme des sciences humaines? http://rshcq.blogspot.ca/

Deux colloques généraux pour les professeurs et autres intervenants des réseaux public et privé
Le colloque de l’AQPC se tiendra au Centre Sheraton à Montréal du 5 au 7 juin. http://www.aqpc.qc.ca/colloque
Les ateliers pédagogiques de l’ACPQ (Association des collèges privés) auront lieu les 27 et 28 mai à Saint-Sauveur.  http://www.acpq.net/

Claire Denis

Colloque du SIC

 
 
 

dimanche 21 avril 2013

APPEL À TOUS !

À la recherche d’une personne-ressource, enseignant en Sciences humaines,
en mesure d’offrir un atelier traitant des deux volets suivants :
TBI Smartboard /tébéiciel Notebook

En tant que Chargée de projet – Volet francophone à l’APOP,  j’ai la responsabilité d’identifier des personnes-ressources compétentes en mesure de dispenser des activités de perfectionnement (en ligne ou en mode présentiel)  relativement à l’intégration pédagogique des technologies. En effet, notre organisme a pour mission d’offrir des activités de perfectionnement aux réseaux collégial et universitaire dans le but de soutenir les enseignants, les professionnels et autres catégories de personnel au regard de l’implantation d’une approche technopédagogique dans leurs tâches professionnelles courantes.

Vous devinez d’ores et déjà, j’imagine, la raison d’être de ma démarche auprès de vous….

Alors, sans plus tarder, passons aux informations concernant l’activité de perfectionnement :

·         Sujet : TBI Smartboard et tébéiciel Notebook
·         Mode : en présentiel
·         Durée : 3 heures
·         Date : lundi 3 ou 10 juin 2013
·         Participants à l’atelier : enseignants en sciences humaines

·         S’interrogeant quant à la pertinence d’investir temps et énergie sur un TBI/Notebook, le groupe d’enseignants souhaite travailler avec une personne-ressource ayant expérimenté  Notebook en Sciences humaines (principalement en géographie) afin de

o   se familiariser avec l’outil;
o   discuter des applications concrètes possibles;
o   d’échanger relativement à l’expérience de la personne-ressource en lien avec l’outil;
o   de réfléchir à la façon d’intégrer l’outil à son enseignement.

·         L’activité consisterait en une présentation de différentes applications pédagogiques en sciences humaines avec nécessairement quelques applications en géographie.

Si d’aventure vous souhaitez offrir cet atelier, n’hésitez surtout pas à me contacter  pour obtenir de plus amples informations notamment au sujet de l’élaboration du scénario pédagogique, des honoraires de prestation et des frais de déplacement.

Bonne fin de session à toutes et tous,

Marie-Jeanne Carrière
Chargée de projet | Volet francophone
581 981 7002  poste 219
mjcarriere@apop.qc.ca
________________________

lundi 8 avril 2013


Lorsque la pédagogie s’oppose aux relations de travail, quel choisir?

À Beauce Appalaches, dans le programme de sciences humaines, depuis plusieurs années, quelques enseignants qui donnent des cours de quatrième session procèdent courageusement à l’éclatement de leurs cours. C’est-à-dire qu’ils bâtissent avec les étudiants des horaires de rencontres individualisées après quelques semaines de cours et suspendent le cours comme tel. Il n’y a donc plus de rencontres en classe mais plutôt des rencontres d’équipe, une par une! Pour le prof, c’est un alourdissement de la tâche très  importante. Généralement, au lieu d’une prestation de  trois heures/semaine, cela signifie plutôt entre 6 et 8 heures. Ces profs-là entrent donc le matin à 8h00 et ressortent le soir vers 16h30 - 17h00. Même la période de dîner ne permet pas de souffler puisque les étudiants tournent autour de ces profs comme des vautours affamés … de connaissances ;- )

Pédagogiquement parlant, c’est assez intéressant. Les profs réussissent à faire faire des travaux de fort calibre aux étudiants. Des recherches intelligentes sur les moteurs de recherche (Eureka, Repère, Cairns, etc…), des médiagraphies, des citations et des notes de bas de page bien faites, une problématique  bien documentée, un texte bien structuré, bref, les étudiants finissent par faire un travail de recherche fort acceptable. De plus, certains profs les forcent à présenter leurs résultats en séminaire avec l’aide d’un Powerpoint ou d’un Prezi accrocheur. D’autres font faire des affiches qu’on expose dans le corridor du département. Et ils insistent ad nauseam sur la qualité du français…

Lorsqu’on discute de cette façon de faire avec les étudiants, ils apprécient cette approche bien que ça augmente aussi leur charge de travail.  Ils en retirent une plus-value – et le reconnaissent.

Maintenant, depuis quelques années, plusieurs acteurs du milieu ne semblent pas apprécier cette façon de faire – à la grande déception de ces profs. D’abord, mal informés, certains profs de d’autres départements voient cette méthode pédagogique d’un mauvais œil. La classe étant vide, ils croient que les profs ne travaillent pas! Cela va s’en dire toute la frustration que cela crée chez les profs qui procèdent de cette façon. Certains parents  croient que leurs enfants ont terminé prématurément leur cours, puisqu’ils ne rencontrent plus leur professeur aux heures prévues dans l’horaire. Une autre frustration… Et maintenant, le syndicat et la Direction des études s’en mêlent, prétextant que cette approche pédagogique ne respecte pas à la lettre la convention collective et le REC (Régime de l’enseignement collégial). En effet, chaque étudiant inscrit au cours a droit à ses 45 heures contacts avec son enseignant. Or, en éclatant le cours dans le milieu de la session pour faire des rencontres individualisées par équipe d’une demi-heure, l’étudiant n’a pas formellement ses 45 heures. Dans le calcul de la tâche, cela pose problème concernant les PES (périodes-étudiants-semaine.

Maintenant, cette approche pédagogique produit des fruits! À Beauce-Appalaches, lors de notre évaluation de programme, on a constaté que nos étudiants réussissaient mieux à l’université, qu’ils étaient plus persévérants et qu’ils étaient mieux orientés. Donc, organisé comme il est, notre programme fait du bon travail! Alors, pourquoi briser une formule gagnante? Que doit-on privilégier ici? La convention collective ou l’approche pédagogique qui a fait ses preuves?

Et chez vous, dans votre collège, cette formule des cours éclatés est-elle utilisée? Si oui, est-ce que le syndicat et la Direction des études s’en sont  mêlés? N’hésitez pas à commenter… Merci.

samedi 6 avril 2013

Concours de rédaction de travaux sur l’Antiquité parrainé par la Fondation Humanitas et la Société des Études Anciennes du Québec

 

Vous couvrez un peu ou beaucoup de notions de l’Antiquité gréco-romaine dans vos cours au niveau collégial ? Vos étudiants ont choisi l’Antiquité comme sujet de projet de fin de programme ?
 
Dans le but de promouvoir les études anciennes et de sensibiliser les étudiant-e-s des cégeps aux richesses des civilisations anciennes, la Société des Études anciennes du Québec (SÉAQ) et la Fondation Humanitas organisent un concours visant à primer les deux meilleurs travaux réalisés dans le domaine des études anciennes au cours de l’année scolaire 2011-2012.

 

Pour participer, il suffit que les professeur-e-s sélectionnent les meilleurs travaux qui leur seront remis dans le cadre de leurs cours et en envoient une copie, avec les coordonnées complètes (adresse postale et courriel) du professeur et de l’étudiant à la personne responsable du concours, au plus tard le 7 juin 2013, à l’adresse suivante :

Marie-Pierre Bussières, Département d’études anciennes et de sciences des religions,
Université d’Ottawa, 70 ave Laurier est, Ottawa ON, K1L 6N5

ou par courriel à mbussier@uottawa.ca

 

Les travaux seront soumis de façon anonyme à un comité formé de trois professeurs, qui attribuera les prix d’excellence suivants : le Prix Humanitas (300$ en bons d’achats dans une librairie près de chez vous) et le Prix SÉAQ (300$ en bons d’achats  dans une librairie près de chez vous). Les critères de correction sont les suivants : recherche et contenu (50%), maîtrise de la langue (20%), maîtrise du discours (30%). La qualité de la langue est un facteur déterminant. La décision du jury est sans appel. Les résultats seront annoncés au mois d’octobre et les prix remis peu après.
 
Tous les étudiant-e-s des cégeps peuvent participer à ce concours, y compris ceux qui ont déjà remporté des prix. Il faut cependant que les travaux soient soumis par les professeurs. Aucun travail ne sera retourné aux participant-e-s, à moins que ces derniers ne fournissent une enveloppe-réponse suffisamment affranchie.

 
http://www.seaq.uqam.ca/

samedi 23 mars 2013

L’évaluation de travaux en sciences humaines… Ce n’est pas de la tarte!


Ouf… une période intense de correction se termine… Au fil des ans, après avoir expérimenté toutes sortes de stratégies pour tenter d’alléger cet aspect important de notre métier, corriger demeure toujours un exercice lourd et exténuant. Lorsqu’on y réfléchit, l’évaluation des productions étudiantes mobilise de nombreuses habiletés intellectuelles… physiques aussi! C’est également une opération capitale pour nos étudiantes et étudiants, puisque c’est une forme de rémunération à l’effort investi et, pour ceux et celles qui aspirent à des programmes contingentés, la note reçue constitue un enjeu très important.

Mis à part les maux de cou et de dos que cet acte professionnel engendre presque à tout coup, pourquoi chaque épisode de correction reste-t-il généralement si épuisant? Parmi les facteurs explicatifs qui viennent spontanément à l’esprit, il y a la question de la quantité de travaux exigés… Se pourrait-il que l’on en demande trop? Certains experts en pédagogie pensent que oui… et suggèrent quelques stratégies pour alléger ce fardeau : réduire le nombre de travaux écrits, recourir à l’autoévaluation, réduire la longueur des travaux… http://cll.qc.ca/Publications/Trip/Trip-12.pdf   D’ailleurs, les professeurs de sciences humaines ne sont pas les seuls à souffrir de la lourdeur de cette tâche… De nombreux enseignants de la formation générale s’en plaignent également. Des recherches sont menées pour tenter de rendre cet acte plus efficace.
http://www.cdc.qc.ca/parea/786967_roberge_correction_andre_laurendeau_article_PAREA_2008.pdf     D’autres collègues se tournent vers les TIC pour tenter de moderniser et de dynamiser le tout… http://www.profweb.qc.ca/index.php?id=3486&L=0

Or tous ces bons conseils et astuces sont-ils appropriés à l’enseignement des sciences humaines? Les genres de travaux qui contribueraient à réduire la charge de correction satisfont-ils les attentes de formation nécessaires à la plupart des programmes universitaires et, à terme, aux professions reliées aux sciences humaines? Cette question de fond sur les objectifs d’apprentissages et les cibles de formation en sciences humaines suscite généralement beaucoup de discussion. Certains professeurs vous diront que ce sont les connaissances qui priment… d’autres, des habiletés diverses (méthodes de travail intellectuel, analyse, sens critique…) et d’autres encore, la capacité d’écriture et de structuration de la pensée. En outre, les travaux demandés doivent mesurer adéquatement les apprentissages attendus… Évidemment, la nature des travaux affecte directement la charge de correction. Par exemple, est-ce que chaque copie sera évaluée selon une grille d’analyse complexe ou sera-t-il possible de juger de la réponse en un seul coup d’œil? 

De ces discussions sur les cibles d’apprentissages,  il se dégage parfois des consensus, comme celui de développer le sens critique ou de parfaire les habiletés d’écriture… Tous les collègues vous diront également que les cégeps doivent former de futurs professionnels compétents… Mais comment atteindre des objectifs aussi ambitieux sans les faire travailler sur des habiletés de fond comme celles reliées à la capacité d’articuler une pensée claire et étayée? Comment ne pas les faire écrire, chercher, traiter de l’information, débattre, argumenter, étayer leur point de vue… Tout cela exige de les faire écrire dans toutes sortes de contexte et de leur donner une rétroaction pertinente qui leur permettra de s’améliorer…

Nous voici au nœud gordien… Pour arriver à atteindre cet objectif de soutien au développement d’habiletés intellectuelles complexes, dont celles de la maîtrise de l’écriture et de la structuration de la pensée, il faut y consacrer beaucoup de temps, tant pour ceux qui produisent les travaux que pour ceux qui les corrigent… Certes les trucs d’autocorrection ou d’appui sur les pairs peuvent parfois faciliter le travail et l’alléger… Or le contexte et les conditions d’exercice de cette tâche rendent inévitables ces intenses périodes de correction. La seule façon de les réduire, c’est de donner moins de travaux ou de faire des évaluations du type objectif… L’approche par compétence semble proscrire les évaluations du type objectif, étant donné les situations d’apprentissage complexes qu’elle présuppose.  http://www.fse.ulaval.ca/gerard.scallon/valise_bep2/formeval.pdf

On recommande de réserver les évaluations objectives aux évaluations formatives… Alors que faire? Que faire aussi pour éviter ce « fardeau » lorsqu’on a 160 étudiants ou plus??? Encore ici, il semble que la solution réaliste soit de réduire la quantité des évaluations…  :-)  Est-ce possible de conserver des cibles d’apprentissages de qualité dans ce contexte? La plupart des professeurs refusent de réduire le nombre d’évaluations; certains s’autorisent bien quelques évaluations objectives, histoire de garder la tête hors de l’eau, mais corriger moins semble signifier, pour la majorité des profs, rogner sur la qualité de la formation… Alors?
 
Comment trouver l’équilibre? Corriger, ce n’est ni du gâteau ni de la tarte… et en Sciences humaines, pour arriver à bien préparer nos diplômés à l’université, la maîtrise de l’écriture et de nombreuses habiletés intellectuelles complexes est incontournable. Les étudiants doivent pouvoir exercer ces habiletés et les mettre en pratique de façon régulière. Cela exige notamment de concevoir un attirail pédagogique pour les inciter à écrire régulièrement et les amener à faire des travaux longs. Ces cibles de formation élevées finiront généralement par préparer adéquatement les étudiants aux études supérieures. En prime, les habiletés acquises en Sciences humaines en feront fort probablement des citoyens critiques et de futurs professionnels compétents!   

D’une manière générale, les professeurs de Sciences humaines font écrire beaucoup leurs étudiants et corrigent des tonnes de copies… Dans les gros cégeps, ils se retrouvent face à des masses d’étudiants en classe et dans les petits cégeps, devant de nombreuses préparations de cours… On n’y échappe pas. Il y a peut-être bien quelques solutions pédagogiques pour atténuer ce problème… mais permettez-moi d’en douter… Les professeurs acceptent cet état de situation comme on accepte le mauvais temps… Ils estiment normale cette lourde tâche. Se pourrait-il que leur grand professionnalisme les empêche d’évaluer objectivement la situation? Que l’on soit victimes d’une forme de surconformité? Il faudrait peut-être y songer sérieusement en période de négociations et revendiquer haut et fort quelques améliorations au calcul de notre tâche, pour qu’on reconnaisse enfin cette situation, ni bonne pour le programme, ni pour personne… Pensons-y… 

En attendant, peut-être que vous avez des solutions à proposer à vos collègues… Comment corriger moins sans rogner sur la qualité de la formation? Avez-vous des remèdes à partager? 

samedi 23 février 2013

Les sciences humaines en un an : est-ce oublier l’essentiel?

Il y a déjà plusieurs années, une enseignante d’université m’avait proposé de poursuivre mes études universitaires sans devoir passer par le collégial. Bien que cette occasion se soit présentée à moi, je n’ai pas hésité à choisir les études collégiales d’abord et les études universitaires, ensuite. Plusieurs me diraient que ma mère qui enseignait au collégial a eu un rôle important à jouer dans cette décision. Je répondrais : « fort probablement, et heureusement… » Apprendre n’est pas une mince affaire et cela demande des efforts importants et constants de la part d’un étudiant, et ce, même s’il a de la facilité au secondaire. À la lecture d’un communiqué de presse et de la grille de cours du programme en sciences humaines qui sera proposé au Collège Mérici dès l’été prochain, plusieurs questions surgissent en moi.
 
Ferais-je le même choix aujourd’hui? Faire un DEC en deux ans ou plutôt m’inscrire dans un collège où je pourrais faire mon DEC en moins de temps. Je réponds sans hésitation, la même chose, et voici pourquoi.
Premièrement, la plupart des récits sur les études collégiales dont j’ai eu la chance d’être témoin au cours de ma vie ont toujours été composés d’un aspect scolaire (apprendre, s’instruire, s’éduquer), et d’un aspect d’expériences de vie. Dirais-je même d’un aspect important sur le passage de l’adolescence à l’âge adulte? Selon moi, les études collégiales sont importantes tant pour les apprentissages qui sont sanctionnés par un diplôme que pour les apprentissages informels qui y sont réalisés.
Deuxièmement, après avoir lu la grille de cours composée d’heures restreintes et compris le caractère intensif d’un programme sur un an, pouvons-nous concevoir qu’un étudiant, aussi brillant soit-il, retirât tous les apprentissages de qualité auxquels il pourrait s’attendre? Imaginons un instant que cet étudiant n’arrive pas avec la même maturité à l’université. Est-ce que le caractère intensif de ce programme garantit qu’un transfert adéquat des apprentissages sera réalisé? Est-ce qu’un développement suffisant des compétences (savoirs, savoir-faire et savoir-être) est envisageable? Est-ce qu’une fois sur le marché du travail ces étudiants seront pénalisés, car ils auront une année de scolarité en moins? Seront-ils préparés adéquatement au métier d’étudiant à l’université?
D’autres questions subsistent par rapport aux enseignants : Est-ce que les enseignants seront précaires seulement? Est-ce que ceux-ci seront davantage des pourvoyeurs d’exercices (pondération 1-2-3)?  Comment les tâches seront-elles faites? Combien d’enseignants accepteront ses conditions? Combien de préparations différentes pourront-ils assumer?
En fait, il faut noter que la plupart des programmes intensifs universitaires ont souvent une composante de transfert des apprentissages prévue dans leur grille de cours. Dans la plupart des cas, ce rôle est joué par plusieurs stages pratiques qui permettent aux étudiants de confronter leurs apprentissages plus théoriques et formels aux apprentissages plus pratiques et informels. Peut-être, est-ce l’élément essentiel pour qu’un programme intensif fonctionne?
De plus, plusieurs enseignants restent impliqués dans un rôle de soutien ou d’accompagnement pour les étudiants qui sont en stage et d’autres se consacrent à leur rôle de chercheur.
Enfin, j’ai bien réussi tout au long de mes études secondaires, collégiales et universitaires et j’ai côtoyé d’autres personnes qui réussissaient très bien aussi. Pour moi, il est clair que ce programme intensif ne m’aurait pas tenté et je pense également que mes collègues de classe de l’époque n’y auraient pas plus trouvé leur compte.
Bref, je me demande qui est cet étudiant prêt à payer un fort prix, partant pour étudier jour et nuit, à l’aise de financer ses études sans avoir le temps de travailler, conscient du fait qu’il devra sacrifier sa vie sociale et capable de réussir l’ensemble de ses cours… Il n’est fort probablement, ni un étudiant potentiel d’un programme préuniversitaire en sciences humaines, ni un étudiant potentiel d’un programme en sciences de la nature. En fait, cet étudiant ressemble à une exception que nous avons rarement rencontrée dans notre vie.
Je conclurais en disant que peu importe qui nous sommes, il faut se donner le temps d’apprendre, et que pour un étudiant préuniversitaire au collégial, il n’aura qu’une seule occasion de vivre ses deux belles années au collégial.  
Jonathan Fontaine
Chef de projets et responsable du programme de Sciences humaines (300.A0)
Cégep @ distance