mercredi 15 mars 2017

Colloque 2017: le programme

Le programme du colloque 2017, à l'auberge Le Baluchon, en Mauricie, est complété. Une affiche contenant ces informations est disponible ici.
 
Au menu:
 
·     Conférence d’ouverture: «Comment comprendre les médias à l’ère de Donald Trump et de la "post-vérité"», par Simon Tremblay-Pepin, professeur à l’Université St-Paul et chercheur associé à l’IRIS.
 
·     Conférence de clôture: «La pertinence des sciences sociales dans un monde anomique», par Yves Gingras, professeur au département d'histoire de l'Université du Québec à Montréal.
 
·     Panel de discussion: «Les sciences humaines dans les médias», avec Antonin Xavier-Fournier, Francis Langlois et Karine Prémont.
 
·     Réflexions et échanges sur la refonte du programme, sur la place des sciences et du qualitatif en sciences humaines, sur les mesures d’aide et sur les compétences en lecture et écriture de nos finissants.
 
Le programme détaillé sera disponible la semaine prochaine.

mardi 14 mars 2017

Révision des Sciences humaines: un groupe de travail a été formé

À la suite de l’appel de candidatures lancé par le Ministère dans le but de comparer les attentes des universités (malgré les critiques dont elles font l’objet…) et le programme actuel en Sciences humaines, un groupe de travail a été formé.
 
Six professeurs ont été choisis, représentant six disciplines différentes en sciences humaines: anthropologie, économie, histoire, science politique, sociologie et psychologie. La représentation régionale semble toutefois inégale: quelques professeurs sont issus de cégeps de la grande région de Québec, d’autres de la Mauricie, de l’Estrie et de Laval, mais aucun de l’île de Montréal. Les cégeps anglophones ne comptent également aucun représentant. Nous ignorons cependant combien de candidatures ont été soumises et comment elles étaient réparties.
 
Enfin, suivant les informations communiquées par le Ministère, ajoutons que « les travaux d'analyse comparative entre le profil attendu des étudiants à leur admission à l'université et le programme d'études Sciences humaines ont débuté le 20 février dernier et devraient se terminer à la fin de la session d'hiver 2017. Les enseignantes et enseignants, qui ont un engagement de confidentialité pour toute la durée des travaux, communiqueront le fruit de leur réflexion lors de la prochaine réunion du Comité-conseil et du Comité d’enseignantes et d’enseignants. Leur rapport sera ensuite diffusé dans le réseau. »
 
Au Colloque de juin prochain, il est prévu un atelier d’échanges et de discussions sur les travaux de ce comité.
 
RSHCQ

lundi 13 mars 2017

La révision du programme de Sciences humaines au collégial: un enjeu de taille

La révision du programme de Sciences humaines suscite bien des questionnements chez ses professeurs, notamment quant à la méthodologie et aux résultats de l’enquête auprès des professeurs d’université. En janvier, Dominic Roy, du Cégep régional de Lanaudière à Terrebonne, a fait part de ses réserves sur les orientations souhaitées par les universités.
Maintenant, c’est un groupe de professeurs du Cégep Édouard-Montpetit qui prend l’initiative d’écrire au Ministère: le rapport des universités contient des lacunes méthodologiques importantes et ses conclusions ne devraient pas déterminer la direction à suivre pour conduire à la révision des Sciences humaines. N’hésitez pas à déposer vos propres commentaires à la suite de ce texte. Ce texte est également paru dans Le Devoir, le 24 mars.
 
* * *
 
Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) travaille à la révision du programme de Sciences humaines au collégial. Ce programme est le plus fréquenté du réseau collégial. À titre d’exemple, au Cégep Édouard Montpetit, nous accueillons plus de 2000 étudiants.es en Sciences humaines, ce qui représente environ 30% de notre population étudiante totale.
 
La Direction de l'enseignement collégial public et privé (DECPP) a été mandatée pour mener ce projet à bien. Elle a commandé une étude dont les résultats ont été présentés l’automne dernier dans un document intitulé Le profil attendu par les universités de la part des diplômés du programme d’études préuniversitaires Sciences humaines. Cette étude présente les résultats d’un sondage réalisé auprès des départements de Sciences humaines, sociales et d’administration des universités québécoises. Rédigé avec l’objectif « d’établir le profil attendu par les universités de la part des diplômés du programme » (p. 4), ce document servira notamment au comité qui sera chargé d’examiner le programme actuel afin de faire des recommandations pour le réviser. Nous désirons vous faire part de certaines de nos réserves par rapport à ce document. Mis à part le mépris apparent que cette étude semble démontrer à l'égard de notre travail, nous sommes d'avis qu'elle n'est pas recevable et que la DECPP ne devrait pas en tenir compte dans la présente révision.
 
Une méthodologie insuffisante
Tout d’abord, nous constatons que le taux de réponse à ce sondage est plutôt faible (34,47%), ce qui est à notre avis plutôt inquiétant. Il l’est particulièrement pour les trois universités anglophones où un grand total de cinq répondants.es a participé au sondage, ce qui représente un taux de réponse de 8,77%. De plus, on ignore qui sont les répondants.es à ce sondage: professeurs.es, administrateurs.trices, directeurs.trices de département, secrétaires administratifs.ves ? Quelle crédibilité ont les résultats lorsque la participation est sur une base volontaire ? Est-ce que les personnes répondantes à ce sondage connaissaient bien le programme de Sciences humaines ? Étaient-elles au courant des différents profils entre les cégeps ? Hélas, nous n’en avons aucune idée et seul l’auteur semble détenir ces informations pourtant essentielles à l’interprétation des résultats. En plénière lors d’une présentation le 4 novembre 2016 à Saint-Augustin-de-Desmaures devant les coordonnateurs.trices de Sciences humaines de la province, celui-ci a explicitement refusé de fournir ces informations en se réfugiant derrière la notion de confidentialité.
 
L’importance de maîtriser des habiletés méthodologiques afin d’être préparé aux études universitaires est mise de l’avant dans ce rapport. Pour cette raison, nous offrons à l’auteur de l’étude de venir suivre les cours Initiation pratique à la méthodologie des sciences humaines (IPMSH) et Démarche d’intégration des acquis en sciences humaines (DIASH) dans lesquels nous enseignons à nos étudiants.es quelle méthode est la plus appropriée selon l’objectif recherché.
 
De fait, compte tenu des enjeux et de la visée de l’étude, il nous semble qu’il aurait été plus approprié d’utiliser une méthode de type descriptive.
 
Le manque de valorisation de la formation en Sciences humaines
Un autre problème important de l’étude est qu’elle considère comme homogène une population étudiante hétérogène. Pour entrer à l’université en Sciences humaines, il n’est pas obligatoire de détenir un DEC en Sciences humaines. Étonnamment, 92,86% des répondants.es à ce sondage affirment que la personne détentrice d’un DEC d’un autre programme est en mesure de réussir ses études dans un programme universitaire en Sciences humaines ou sociales. De plus, seulement 54,93% des répondants.es estiment que le DEC en Sciences humaines est celui qui prépare le mieux à l’université. Or, une partie des étudiants.es admis.es n’aura jamais bénéficié de cette formation, faute d’avoir obtenu un diplôme collégial en Sciences humaines ! C’est un problème fondamental. Il aurait fallu à tout le moins que les répondants.es puissent faire la distinction entre les étudiants.es qui ont suivi cette formation et les autres. C'est une faute méthodologique de taille.
 
Des attentes imprécises, voire utopiques
Un profil d’étudiant.e est donc attendu, mais qu’en est-il réellement ? Plusieurs éléments du rapport pointent du doigt un problème qui n’a pas de lien direct avec la formation offerte en Sciences humaines au cégep. La maîtrise de la langue et de la numératie sont nommées comme problématiques principales chez les étudiants.es universitaires. Pourtant, ils et elles ont bien réussi leurs examens de fin de secondaire. Des lacunes sont donc observées, mais est-il réaliste de pointer le réseau collégial comment étant seul responsable de cette situation ? D’autre part, des savoirs-être tels l’ouverture, la curiosité, l’esprit d’entraide, le respect, l’éthique, l’engagement et la rigueur sont nommés comme étant essentiels à la formation des étudiants.es en Sciences humaines. Nous sommes d’accord, ils sont importants et nous contribuons déjà à leur développement, notamment dans le cours porteur de l’épreuve synthèse en Sciences humaines. Mais est-ce la seule responsabilité des cégeps ? Comment opérationnaliser ces volontés spécifiquement, considérant qu’elles dépassent le cadre même de nos institutions ?
 
Une réelle mise en valeur
Les problèmes soulevés dans le document sont importants. Nous demandons à la DECPP de le considérer comme nul et de ne pas s'appuyer sur ses résultats dans la présente révision du programme des Sciences humaines.
 
Les professeurs.es de Sciences humaines au cégep sont bien outillés.es pour connaître les besoins des étudiants.es. La plupart d'entre nous détiennent une maîtrise ou un doctorat. Plusieurs font de la recherche. Nous reconnaissons qu’une solide formation en méthodologie est importante pour entreprendre des études universitaires. Mais cette méthodologie doit être particulièrement exemplaire lorsqu'on cherche à réviser un programme d'étude à l’échelle provinciale. Il aurait été souhaitable et fondamental que la DECPP nous consulte en amont de ce chantier si important. Nous espérons que cette révision ait lieu sur la base d'un savoir scientifique et d'une réelle mise en valeur des cégeps comme institutions d'enseignement.
 
Fait à Longueuil, le 20 février 2017
 
Ann Edwards
coordonnatrice du programme de Sciences humaines
et professeure d’économie, Cégep Édouard-Montpetit
Christiane Mignault
professeure d’anthropologie, Cégep Édouard-Montpetit
Bruno Massé
professeur de géographie, Cégep Édouard-Montpetit
Hervé Genge
professeur de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
François Lalonde
professeur de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Valérie Blanc
professeure d’histoire, Cégep Édouard-Montpetit
Daniel Ayala
professeur d’économie, Cégep Édouard-Montpetit
France L. Renaud
professeure d’économie, Cégep Édouard-Montpetit
Jean-Pascal Larin
professeur de sciences politiques, Cégep Édouard-Montpetit
Martin Geoffroy
professeur de sociologie et directeur du Centre d’expertise
et de formation sur les intégrismes religieux, Cégep Édouard-Montpetit
Jean-Nicolas Pépin
professeur de mathématiques, Cégep Édouard-Montpetit
Nathalie Malo
professeure d’économie, Cégep Édouard-Montpetit
Diane Bond
professeure de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Louise Bourbonnais
professeure de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Janie Duchesnau
professeure de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Josée Fiset
professeure de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Nathalie Fréchette
professeure de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Annie Guillemette
professeure de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Chantale Lavoie
professeure de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Anne Leblond
professeure de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Paul Morissette
professeure de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Line Rainville
professeure de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Emmanuelle Roy
professeure de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Sabine Sèvre Rousseau
professeure de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Jade Vandenbossche-Makombo
professeure de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Diane Venne
professeure de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Johanne Yorksie
professeure de psychologie, Cégep Édouard-Montpetit
Stéphanie Chatigny
professeure d’économie, Cégep Édouard-Montpetit
Éveline Bousquet
professeure d’histoire, Cégep Édouard-Montpetit
Lysanne Couture
professeure de sociologie, Cégep Édouard-Montpetit
Mikhaël Dupuis
professeur d’économie, Cégep Édouard-Montpetit
Marie Wright-Laflamme
professeure de sociologie, Cégep Édouard-Montpetit
Louis Roy
professeur d’anthropologie, Cégep Édouard-Montpetit
Manuel Sépulvéda
professeur d’anthropologie, Cégep Édouard-Montpetit
Louis Lafrenière
professeur d’histoire, Cégep Édouard-Montpetit
Luc Giroux
professeur d’histoire, Cégep Édouard-Montpetit

mercredi 15 février 2017

Colloque de l'ACSALF

Voici un appel de communication de la part de l’ACSALF, plus de détails ici.

« L’Association canadienne des sociologues et des anthropologues de langue française (ACSALF) organise son colloque général sur le thème des (in)disciplines. L’invitation s’adresse aux anthropologues et sociologues, ainsi qu’à ceux et celles qui partagent leurs perspectives d’enquête et d’analyse. Notre ambition est d’offrir une compréhension plus affinée des phénomènes qui transforment et façonnent les mondes contemporains, tout en explorant de nouvelles avenues en termes de conceptualisation et d’analyse. »

dimanche 29 janvier 2017

Éducation financière au secondaire: pour un enseignement intégré aux sciences humaines

Dans l'objectif de défendre et valoriser le rôle et l'importance des sciences humaines, le RSHCQ a fait parvenir une lettre aux journaux au sujet du retour de l'éducation financière au secondaire... au détriment du cours Monde contemporain, rare porteur d'une approche multidisciplinaire en sciences humaines.
 
* * *
 
Suivant la volonté du ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, l’éducation financière sera de retour en 5e secondaire à compter de l’automne prochain. Banquiers, conseillers en finances et chroniqueurs de l’économie sont ravis: ils réclamaient un tel cours depuis des années. Syndicats et enseignants au secondaire jugent la mise en œuvre trop rapide. Il y a certes quelques critiques, mais plusieurs hésitent à questionner les contenus, objectifs et impacts d’un tel ajout à la formation des élèves. Le Réseau des sciences humaines des collèges du Québec, un regroupement de professeurs de cégep, souhaite ici faire entendre sa voix visant à valoriser les sciences humaines, quel que soit le niveau d’enseignement.
 
Alors que la place des sciences humaines au secondaire nous semble déjà insuffisante, le cours d’éducation financière sera introduit… au détriment du cours Monde contemporain, amputé de 50 heures sur 100 ! Avant la 5e secondaire, les élèves auront suivi des cours de géographie et d’histoire, mais le cours Monde contemporain représente une trop rare incursion – riche et complexe – dans l’univers des enjeux et questions d’actualité qui outrepassent nos frontières. Comprendre le monde actuel, sous l’angle de plusieurs perspectives, propres aux sciences humaines, tel est l’objectif de ce cours… mais cela se fera désormais selon un nombre d’heures réduit de moitié. C’est bien peu, trop peu.
 
En réalité, il importe d’aller au-delà de la stricte « littératie financière ». Pourquoi ne pas traiter de la bonne gestion de ses finances personnelles (épargne, crédit) et de la consommation dans le cadre même du cours Monde contemporain, suivant une approche multidisciplinaire intégrant en priorité la science économique et ses enseignements sur les fondements historiques et idéologiques du système capitaliste. Comment surpasser les problèmes de surconsommation et d’endettement sans questionnement réel sur ce qui entraîne ces problèmes ? Par exemple, l’éducation financière pourrait s’inscrire parmi les thèmes « Environnement » et « Richesse » déjà prescrits par le programme de formation pour le cours Monde contemporain. En sciences humaines, traiter des comportements du consommateur, du système bancaire ou du marché du travail est indissociable d’un minimum de connaissances sur le fonctionnement de l’économie libérale, ses mécanismes et impacts quant à l’environnement et sur la répartition des richesses, deux « objets d’interprétation » exigés par le Ministère quant au cours existant. Si l’école québécoise souhaite former des consommateurs avertis et responsables, elle se doit de le faire à partir de données et connaissances qui font appel à l’économie et également à la politique, à la sociologie, à l’histoire, voire à la psychologie, pour ne nommer que quelques perspectives.
 
Nul ne s’oppose à la vertu: il est souhaitable que les jeunes (et moins jeunes) sachent éviter l’endettement et la consommation excessive. Or il faut s'engager à former des citoyens qui demeurent critiques en regard de la pression à consommer, comme l’illustre les données de l’Observatoire de la consommation responsable, rapportées par La Presse Canadienne, en novembre dernier. Selon ce groupe de recherche montréalais, « les répondants de 18 à 24 ans seraient plus nombreux à diminuer leurs achats et à opter pour le transport durable et pour la consommation collaborative – qui consiste à prêter, louer, partager et échanger des biens entre les consommateurs[1] ».
 
Nous croyons que l’objectif d’une saine éducation financière sera mieux atteint si l’on épouse une vision plus large et globale de la vie en société : celle du citoyen éclairé, conscient de son rôle à la fois comme acteur social, politique… et économique.
 
Sébastien Despelteau,
pour le RSHCQ


[1] Vicky Fragasso-Marquis, « Les jeunes sont plus nombreux à transiger de façon responsable », Le Devoir, 24 nov. 2016. http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/485395/les-jeunes-sont-plus-nombreux-a-consommer-de-facon-responsable-selon-une-etude

lundi 16 janvier 2017

Quelle orientation privilégier en Sciences humaines ?

Dans le cadre de la révision – actuellement en cours – du programme de Sciences humaines, le RSHCQ invite les professeurs et personnes-ressources en Sciences humaines à faire part de leurs commentaires, idées ou questionnements.
Pour lancer la discussion, voici la lettre de Dominic Roy, du Cégep régional de Lanaudière à Terrebonne, qui a souhaité réagir aux orientations souhaitées par les universités à l’égard des Sciences humaines au collégial.
N’hésitez pas à déposer vos propres commentaires à la suite de ce texte.
* * *
J'ai pris connaissance des comptes rendus des travaux du Réseau des sciences humaines des collèges du Québec (RSHCQ) et d’un document de la Commission des affaires pédagogiques (CAP) touchant le nouveau devis. J'ai été surpris d’apprendre que les universités désiraient une formation plus générale de nos étudiants de Sciences humaines: caractère universel et fondateur, des bases disciplinaires et transdisciplinaires, apprendre à apprendre, etc.
Nous, le Cégep régional de Lanaudière à Terrebonne (CRLT), sommes présentement en évaluation programme (l’évaluation ayant débuté à l’automne 2015) et nous avons sondé 363 étudiants (diplômés, étudiants de 2e et 1re année), 18 enseignants et quelques conseillers d’orientation de la Commission scolaire des Affluents (bassin d’étudiants du secondaire qui viennent étudier au CRLT). De façon unanime, nous arrivons au même constat: les étudiants désirent avoir un profil moins général et plus spécialisé (plus de cours associés à leur programme d’études universitaires). En d’autres mots, plus un profil est bien orienté, plus les étudiants le choisissent.
En analysant les corrélations entre le nombre des nouveaux inscrits dans nos trois profils de Sciences humaines et le nombre des nouveaux inscrits dans les autres programmes du collège, nous avons observé des coefficients de corrélation négatifs significatifs entre le profil Administration et le programme Techniques de comptabilité et gestion (TCG), puis entre le profil Individu/Monde et l’ensemble des programmes techniques (donc plus il y a d’inscriptions dans les programmes techniques, moins il y a d’inscriptions en sciences humaines, et inversement).
De plus, les conseillers d’orientation des commissions scolaires de notre région nous ont confirmé (nos analyses statistiques arrivent aux mêmes résultats) que les étudiants du secondaire qui désirent poursuivre leurs études collégiales en sciences humaines choisissent les cégeps où les profils sont les mieux orientés (plus spécialisés), les profils qui correspondent le mieux à leurs objectifs d’études universitaires. Enfin, si les universités désirent davantage d’étudiants ayant une bonne formation générale, pourquoi existent-ils de plus en plus de passerelles DEC-BACC ?
Il me semble qu’il y a une contradiction entre nos résultats statistiques et les conclusions du « Comité-conseil en Sciences humaines ». Je crois sincèrement que le Comité-conseil va dans la mauvaise direction. De toute façon, si nous allons avec des suggestions qui vont vers des programmes où la formation est encore plus générale, nous allons continuer de perdre de plus en plus d’étudiants (les demandes d’admission au 1er tour du SRAM ont diminué de 17 % entre 2012 et 2016).
Dominic Roy
Enseignant en économique au Cégep régional de Lanaudière à Terrebonne (CRLT)

jeudi 17 novembre 2016

Groupe Facebook pour Méthodes quantitatives



Au colloque de juin dernier lors des ateliers portant sur le cours Méthodes quantitatives en sciences humaines, plusieurs enseignants nous ont fait part de leur besoin d’avoir un endroit pour échanger avec des collègues de différents collèges au sujet d’activités pédagogiques et de difficultés rencontrées en MQ. Nous avons donc mis en place un groupe Facebook privé où vous pourrez discuter et échanger des trucs en lien avec ce cours. Vous n’avez qu’à cliquer ici et demander à faire partie du groupe.

RSHCQ

mercredi 16 novembre 2016

Colloque 2017 du RSHCQ : les 8 et 9 juin à l'Auberge Le Baluchon


Le RSHCQ est fier de vous annoncer que son colloque annuel se déroulera les 8 et 9 juin 2017, à l’Auberge Le Baluchon, à Saint-Paulin, en Mauricie.

Comme en 2016, nous souhaitons offrir différents choix d’ateliers, des conférences et des activités liées à l’avenir de notre programme, mais également à nos pratiques pédagogiques et aux défis de l’enseignement en Sciences humaines.

Vous désirez animer un atelier ou donner une conférence sur l’un ou l’autre de ces sujets ? Envoyez votre projet de communication à l’adresse suivante : rshcq@collegemv.qc.ca

Davantage de détails au sujet du colloque seront envoyés dès janvier prochain.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas : rshcq@collegmv.qc.ca

RSHCQ

mardi 15 novembre 2016

Révision de programme en Sciences humaines : les travaux sont amorcés


Comme vous le savez sans doute, en 2016, la Direction de l’enseignement collégial public et privé (DECPP), au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec, a lancé la révision du programme de Sciences humaines.

Première étape de ces travaux : établir les attentes des universités à l’égard des diplômés de notre programme. La DECPP a confié ce mandat à un consultant externe, qui a produit un questionnaire, auquel 71 professeurs d’université ont répondu, au printemps 2016. Un rapport intitulé Le profil attendu par les universités dela part des diplômés du programme d’études préuniversitaires Sciences humaines a donc été déposé auprès des membres du Comité-conseil en Sciences humaines, le 21 octobre. Rappelons que ce comité, formé d’une douzaine de personnes (représentants des directions des études, du ministère et quatre enseignants[i]) a pour rôle de fournir des avis au Ministère, par exemple dans le cadre d’une évaluation de programme. Après de légères révisions, ce rapport fit de nouveau l’objet de discussions à l’occasion de la rencontre du Comité des enseignants et enseignantes en Sciences humaines, le 4 novembre. Environ 50 professeurs étaient présents, à titre de responsables du programme de Sciences humaines dans leur collège. Précisons que le comité ne compte que des enseignants en Sciences humaines (habituellement un par cégep) et qu’il sera consulté par le Comité-conseil dans le cadre des travaux de révision[ii]. Le Comité des enseignants représentera donc le seul « espace de consultation » entre les professeurs de Sciences humaines et le DECPP.

En effet, en réponse aux questions adressées par les professeurs, les représentants du Ministère ont confirmé que seuls des professeurs d’université peuvent participer à l’enquête portant sur le profil attendu chez nos étudiants. Ces derniers sont également exclus de cette collecte d’informations. Ni les professeurs ni les étudiants, voire des diplômés, ne sont appelés à donner leur avis et commentaires sur le programme de Sciences humaines. Pour le DECPP, la consultation des professeurs par la voie du Comité des enseignants semble suffisante (et il en aurait été ainsi pour tous les programmes qui ont fait l’objet d’une révision).

Le Comité des enseignants a également soulevé des questions autour des attentes des universités notamment quant à leur souhait d’avoir « une formation plus générale que spécifique qui initie plus qu’elle ne spécialise[iii] ». Que signifie une formation trop spécialisée ? plus générale ? Les professeurs d’université jugent-ils que certains diplômés de Sciences humaines ont un niveau de connaissances trop élevé lors de leur première session d’université ? Il faut se rappeler que les programmes universitaires en sciences humaines et sociales exigent rarement des préalables de niveau collégial avant d’admettre un étudiant (à l’exception de programmes de psychologie ou d’administration). Bien souvent, sans égard à leur programme respectif, les diplômés du collégial sont jugés admissibles… et ceux et celles issus des Sciences humaines semblent se démarquer quant à leur niveau de préparation. Voilà un élément positif…

En conséquence, les universités ont exprimé beaucoup d’attentes portant davantage sur les habiletés, compétences et capacités d’intégration des savoirs, que sur les connaissances en soi. Le rapport qui a été déposé conduit donc à la conclusion suivante : « Les étudiantes et les étudiants devraient "Apprendre à apprendre". […] Il s’agit d’acquérir les savoirs, les savoir-faire et les savoir-être permettant d’explorer et de comprendre les différentes facettes de l’homme et des sociétés humaines et, surtout, d’être en mesure de les utiliser concrètement[iv] ». Malgré tout, plusieurs professeurs ont exprimé que le programme actuel répondait déjà à plusieurs attentes des universités.

La seconde étape du processus de révision consiste donc à former un groupe de travail composé de professeurs afin de comparer le programme actuel de Sciences humaines et les attentes des universités. Un appel de candidatures a d’ailleurs été lancé à la mi-novembre dans les collèges. Ces travaux seraient complétés au printemps 2017 et ils détermineraient si la révision des Sciences humaines sera mineure ou majeure. Mais dans tous les cas, révision il y aura ! La réécriture de plusieurs énoncés de compétence sera à l’ordre du jour.

Il s’agira en quelque sorte de la troisième étape menant à un nouveau programme de Sciences humaines : « Réécrire le programme d’études préuniversitaires en tenant compte des recommandations émises à l’étape précédente ainsi que du profil attendu. » Il est raisonnable de croire que ces travaux se dérouleront en 2017-2018[v].

En attendant 2019 ou 2020 pour un nouveau programme de Sciences humaines, le RSHCQ souhaite mobiliser l’ensemble des professeurs, engager entre nous des échanges et discussions qui sauront nourrir nos idées et réflexions sur l’avenir des sciences humaines au collégial…

RSHCQ






[i] Les professeurs membres du Comité-conseil, élus au printemps 2016, sont les suivants : Catherine Allen (anthropologie, Collège Ahuntsic), Claire Denis (sociologie, Cégep de Sherbrooke), Mark Prentice (anthropologie, Collège Vanier) et J.-Louis Vallée (histoire, Centre d'études collégiales de Montmagny); les substituts sont Manon Lelièvre (géographie, Cégep de Saint-Laurent) et Geneviève Perreault (sociologie, Cégep Marie-Victorin).
[ii] Pour plus de détails sur les procédures et les rôles des comités, consultez ce qui suit : un schéma, un document de référence… et une critique à leur endroit, à l’origine même de la création du RSHCQ.
[iii] Direction de l’enseignement collégial public et privé. Démarche globale. Travaux d’orientation. Programmes d’études préuniversitaires Sciences humaines, octobre 2016; document remis aux professeurs membres du Comité des enseignants en Sciences humaines, le 4 novembre 2016.
[iv] Direction de l’enseignement collégial public et privé. Profil des diplômés du programme Sciences humaines, octobre 2016; document remis aux professeurs membres du Comité des enseignants en Sciences humaines, le 4 novembre 2016.
[v] Direction de l’enseignement collégial public et privé. Démarche globale... Op. cit.

vendredi 14 octobre 2016

Actes du Colloque 2016 du RSHCQ

Voici les présentations, comptes rendus et bilans des divers ateliers tenus au Colloque du RSHCQ, en juin 2016, à Sherbrooke, ainsi que la présentation de la conférence de clôture.

Atelier 3
Intégration des acquis en sc. hum. (DIASH): réflexion et échanges de pratiques.
> Présentation | Synthèse des discussions

Ateliers 2 et 4
Les sciences humaines: états des lieux et « programme de rêve ».
> Présentation | Synthèse des discussions | Tableau synopsis

Ateliers 5 et 7
Méthodes quantitatives: état de la situation et pistes de solutions
> Présentation 1 | Présentation 2 | Enquête sur les disciplines aptes à enseigner MQ | Synthèse atelier 5 | Synthèse atelier 7

Atelier 6
« Le rapport à l’écrit en sciences humaines », par Ginette Bousquet professeure de géographie du Cégep de Sherbrooke.
> Présentation

Conférence de clôture
« Les chiffres, les sciences humaines, les média et nous », par Claire Durand, professeure titulaire au Département de sociologie de l’Université de Montréal.
> Présentation